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 [Etude] L'accouchement au Moyen-Âge

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Marguerite
Maîtresse de maison


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Fecha de inscripción: 09/09/2006

MessageSujet: [Etude] L'accouchement au Moyen-Âge   Ven 16 Mai 2008, 18:14

Parchemin amulette du Moyen Age

Dans l’Occident chrétien, Sainte Marguerite est la patronne des femmes enceintes.
Au Moyen Age, l’histoire de sa passion connut une faveur extrême. Son martyre s’acheva par une vision où elle se vit avalée par un dragon, incarnation du Diable. Armée de sa croix, Sainte Marguerite transperça l’échine de l’animal et en ressortit indemne. Symbole d’un accouchement rapide et sans douleur, l’histoire de sa délivrance était racontée sur des parchemins conservés dans les «sachets d’accouchement» que l’on se passait de génération en génération.

Mourir d’être mère



Souvent mortelle, l’épreuve de l’accouchement fut comparée par les Anciens à celle des armes. A Sparte, la version féminine de la «belle mort» était celle de la parturiente: «il n’était pas permis d’inscrire sur les tombeaux les noms des morts, excepté ceux des hommes tombés à la guerre et des femmes mortes en couches» dit Plutarque.
Cette souffrance prend une dimension rédemptrice dans le christianisme. La femme doit accepter de souffrir en accouchant pour racheter la Faute originelle.
L’image doloriste de la délivrance est si ancrée que la question de la souffrance est rarement abordée dans les sources médicales. Si la
pharmacopée ancestrale des sages-femmes permettait sans doute d’aider la patiente, le principe de lutte contre la douleur lors de l’accouchement ne fut officiellement admis par le Vatican qu’en 1956.

Longtemps les accoucheurs et les sages-femmes furent démunis devant les complications imprévues (mauvaise présentation, naissances multiples...).
Parmi les accidents redoutés, la plus grande crainte des femmes était que l’enfant reste bloqué.

Au IIe siècle apr. J.-C., Soranos avait déjà exposé comment procéder à la version dans la matrice d’un foetus qui se présente mal. Pour l’extraire et sauver la mère, le dernier recours était l’embryotomie. Le forceps, utilisé par les médecins arabes vers l’an 1000, ne sera introduit en Europe qu’à la fin du XVII e siècle. Et la césarienne ? Une Lex Regia, attribuée au roi Numa Pompilius (vers 715 av. J.-C.) aurait interdit d’enterrer une femme enceinte ou morte en couches sans en avoir retiré l’enfant. Mais c’est au Moyen Âge que la césarienne postmortem fut préconisée par l’Église pour éviter de laisser sans baptême un enfant peut-être encore vivant dans le corps d’une femme morte. Cet acte sera souvent vain, car généralement l’enfant était déjà mort lui-aussi.

http://www.unifr.ch/spc/UF/00decembre/maternite.html

***

Un des rois de France (Louis XIV ?) voulait voir la sortie de l'enfant et le plus facile était que la femme se couche : depuis, on accouche. Avant, on "mettait bas".
Moins douloureux et plus facile.

***


Quelques élèments récupérés ça et là pour faciliter l'accouchement:
des fumigations, bonnes odeurs sous le bassin et mauvaises odeurs au visage (le bébé est censé être attiré ainsi vers la bonne odeur); poivre dans le nez pour éternuer et évacuer; déverouiller tous les volets, portes et défaire les noeuds dans la maison pour faciliter le travail...

***

Lorsque la poche des eaux ne s'est pas rompue durant le travail ou l'expulsion, le nouveau-né peut venir au monde avec les membranes intactes. On appelle cela être né coiffé. La coiffe est sans danger et aisément ôtée par le médecin ou la personne qui aide à l'accouchement.
Au Moyen Âge, la coiffe était considérée comme un signe de bonne fortune pour le bébé. Dans certaines cultures, on y voyait une protection contre la noyade, et la coiffe était souvent serrée dans du papier et conservée comme héritage
pour l'enfant. Associer chance et le fait d'"être né coiffé" a une part de logique puisque le crâne de l'enfant, et donc son cerveau, subit moins la pression dû aux contractions : c'est la poche des eaux qui absorbe le choc. L'idée qu'être né coiffé apporte chance est restée malgré les âges, même si aucune étude n'est jamais venue étayer la théorie.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Accouchement

***

A la campagne, on accouche dans la ferme ou au château. Chez les gens modestes, la mère de la parturiente, les voisines et une à deux matrones (les sages-femmes de l'époque) assistent à la venue de l'enfant. On rit, on boit et les hommes n'ont pas le droit d'entrer dans la maison. Qu'il pleuve ou qu'il vente, le mari n'entre pas chez lui.

Au château, des tapis et des tentures sont spécialement disposés dans la chambre. La mère, plusieurs matrones, des femmes domestiques, des cousines et des tantes viennent assister et soutenir la femme qui accouche. Un médecin est dans les parages, en cas de complications. Malheureusement, quand on a affaire à lui, c'est généralement pour constater un décès.

En ville, les femmes très pauvres accouchent à l'hôpital, en salle commune. A Paris, l'Hôtel-Dieu dispose d'une salle de vingt-quatre lits que l'on peut occuper à partir du 8e mois de la grossesse. Les femmes accouchent sous le regard des autres, dans des conditions d'intimité inexistante.

A la campagne, on délie tous les nœuds de la maison, et même, dans l'étable, les vaches sont détachées, pour éviter que le cordon ombilical ne s'enroule autour du cou du bébé.

La matrone renifle l'haleine de la parturiente. Si elle est bonne, l'accouchement sera facile ; mauvaise, il sera difficile. A l'époque, on considère qu'une femme battue accouche toujours difficilement. Un bain rempli de mauve, de camomille, de fenouil, de lin et d'orge détend la future mère. On lui fait boire de la poudre de matrice de lièvre mélangée à du vin, car cet animal accouche très rapidement. Puis, une fumigation entre les jambes lui relaxe les chairs.

Si l'accouchement s'annonce difficile, la parturiente fait le tour de la maison à pied, monte et descend les escaliers. Elle met du poivre ou de l'encens dans ses narines, afin de provoquer des éternuements puis des contractions.

Elle accouche adossée à une assistante de la matrone, qui la soutient sous les bras, ou accroupie dans son lit. La matrone s'enduit les mains d'huile de violette et de laurier. Elle entre ensuite sa main dans la femme pour aider à dilater son col. Si l'enfant se présente mal, elle le repousse et essaie de lui faire prendre la bonne position. En cas de naissance de jumeaux, on place un fil sur le poignet du premier pour les différencier.

La religion et la magie sont très présentes dans ces moments où la vie peut disparaître. Le fœtus, dès qu'il bouge, a une âme et est relié à Dieu. Sa vie est plus importante que celle de sa mère, considérée comme impure. Elle a forniqué, elle est donc souillée et ne retrouvera sa "pureté" qu'après les relevailles, un mois après la naissance. De toute façon, dans l'imaginaire populaire de l'époque, une femme qui a péché accouche d'un monstre, diable ou animal.

Pour un accouchement "facile", les curés louent des ceintures de sainte Marguerite, faites à base de racines de courge. Les futures mères peuvent aussi porter sur elle le "sachet accoucheur" de sainte Marguerite, du corail accroché à la cuisse droite et, pour les plus fortunées, un diamant dans la main. Henri V d'Angleterre loue même le "saint prépuce" pour les accouchements de sa femme Catherine de France.

On conseille aux femmes enceintes de retenir leur respiration puis de souffler, en association avec les contractions. L'enfant sort enfin, la matrone coupe le cordon à quatre doigts du nombril (pour les quatre saisons et les quatre âges de la vie). Puis, elle nettoie les glaires du bébé avec un mélange de rose pilée, de miel et de sel, pour resserrer la peau de l'enfant.

Elle doit faire sortir la secondine (le placenta) du corps de la mère avec les mains et si besoin, elle lui fait boire du jus de poireau avec du miel pour la faire vomir.

Si le périnée est déchiré, elle ramollit les chaires avec du beurre fondu puis fait trois ou quatre points de suture avec du fil de soie.

Pour éviter que des démons ne viennent, la sage-femme enterre ou brûle la secondine, et on lui fait cadeau du cordon ombilical qui, séché et réduit en poudre, peut être vendu comme philtre d'amour.

Après l'accouchement, si la maman est saine et sauve, elle a droit à un verre de vin, une volaille et son bouillon. Mais, au Moyen Age, on comptait tout de même 50 % de mortalité lors des accouchements !
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