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 [Archives RP] Le départ du baron

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Reginhart
Baron de Malpertuis / Héritier de la famille
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MessageSujet: [Archives RP] Le départ du baron   Dim 04 Mai 2008, 15:00

Reginhart

Les oriflammes aux armes de Malpertuis et de Volpilhat s’entassaient devant le domaine qu’ils représentaient. La trentaine de soldats qui avaient été mobilisés pour l’occasion attendaient avec un brin d’impatience mêlée de tristesse. Nombreux étaient les originaires d’Aragon, mais tous s’étaient habitués a Malpertuis et à la Bourgogne, et quitter ces terres les désolaient. Au même temps, le froid du matin se faisait sentir à travers les armures, et aucun d’entre eux ne savait se montrer mécontent d’aller voir du pays, d’aller en Aragon.
Reginhart, qu’ils attendaient tous dans le silence du petit matin, entre bâillements et coups de coudes pour se réveiller mutuellement, n’arrivait pas à se décider que tout était en ordre. Il était sur et certain qu’il oubliait des choses, et s’était la cinquième fois qu’il faisait le tour de sa demeure pour vérifier que tout ce dont il aurait besoin pour le voyage et pour l’Aragon avait été pris par les valets et domestiques divers.

Quelques jours auparavant, Jehan, son père, était venu à Malpertuis. Ils avaient longtemps parlé, et les retrouvailles avaient été presque émouvantes. Jehan n’avait point voulu dire à son fils quelles avaient été ses aventures depuis leur dernière rencontre, qui remontaient hélas à bien des années, mais la raison de sa présence en terre de Bourgogne était claire : il était venu chercher son fils, l’emporter vers l’Aragon, vers Urgel, vers sa patrie.
Reginhart aurait voulu douter. Il avait grande hâte de rejoindre les terres qui étaient les siennes, qui étaient les rêves de toute son enfance, mais quitter la France –cette maudite France– c’était aussi quitter ses sœurs. Mais il n’avait pas eu le droit de douter, Jehan avait ordonné, et le départ s’était préparé. Le père n’avait donné à son fils que quelques jours pour se préparer, et Reginhart les avait utilisés à rêvasser. Et à présent qu’il était l’heure de partir, il se rendait compte qu’il lui restait milles choses à faire.
Les soldats l’attendaient encore, et Reginhart s’assit sur une chaise, face à un bureau. Il du demander à son valet Luis de lui apporter plume, encre, parchemin et cire, car il ne restait plus rien dans ce genre a Malpertuis. Le départ, bien que Jehan n’eu rien précisé, était logiquement, si ce n’était définitif, du moins, de long terme. Le père, après les treize premières années de vie de son fils, n’avait été qu’absence, et à présent, il venait réclamer son droit de l’éduquer.
Il écrivit donc trois lettres.
La première, longue et scellée de rouge, était pour sa sœur.
La deuxième, courte mais scellée de rouge, était pour son parrain.
La troisième, très courte et toujours scellée de rouge, était pour son ennemi.
La quatrième, courte mais un peu moins, scellée cette fois de jaune, était pour la Noblesse.


Dans sa première lettre, Reginhart a écrit:
Vingt-quatrième jour de mars de l’année mille quatre cent cinquante six, à Malpertuis.

Chère Marguerite, ma sœur.

Voici des mois que vous avez pris époux, voici des mois que je n’ai pas pris de vos nouvelles. Serait-ce mon habituelle paresse, mon éternelle paresse qui ne m’a point laissé vous écrire un mot, ou mon inconstante activité ? Personnellement, je pencherais pour départager les deux raisons, sachant que c’est mon éternelle paresse qui m’invente des inconstantes activités. Pour moi, regarder un mur en face, peu être une activité, si cela peu m’empêcher de ne pas en faire des plus fatigantes.
En tout cas, ce que je souhaite, c’est que vous vous souveniez que si je n’écrit point souvent, vous hantez mes pensées nuit et jour, jour et nuit. Je pense à vous tout le temps, à ce que vous pourriez être entrain de faire, à ce que vous penseriez de ce que je fais. Je m’efforce de vous visualiser dans un présent heureux, mais peut-on vivre heureuse avec un mari tel que celui qu’on vous a donné ? Que notre père vous a donné ?
J’espère que si la joie ne peu être atteinte, du moins, vous ayez un présent normal, et que, si vous ne pouvez aimer votre mari, vous n’ayez point à le haïr. J’espère qu’en tant qu’homme, il soit respectable et vous traite bien, même si en tant qu’Appérault il m’est haïssable.

Chère Marguerite… si j’ai pris ce matin la plume pour vous écrire, c’est que, j’ai à vous parler de notre père. Il est venu me trouver, ici, a Malpertuis, et m’emmène, comme c’est son droit. Je pars, je vous quitte, je quitte la France. L’Aragon m’appelle, Urgel me réclame. Il m’est pénible de savoir que je vous laisse en France. Je garde juste l’espoir de ne point vous laisser complètement seule, de savoir que Catherine est à vos côtés, que les d’Alanha aussi, et vos amis. Et bien sur, ma pensée vous accompagne, partout où j’irais et partout où vous serez.

Sur quoi, Marguerite, ma sœur, n’oubliez jamais que quelque part vous avez un frère qui vous aime plus qu’il ne s’aime, que où que vous soyez et avec qui que vous soyez, vous êtes une Volpilhat, et que quoi qu’il se passe, un mot de vous suffira pour que je déplace des montagnes afin de vous venir en aide, ce dont, prions Aristotes, j’espère que vous n’aurez jamais besoin.

Je vous embrasse, ma sœur, je vous salue, Marguerite de Volpilhat.


Reginhart de Volpilhat, baron de Malpertuis.

Dans sa deuxième lettre, Reginhart a écrit:
Vingt-quatrième jour de mars de l’année mille quatre cent cinquante six, à Malpertuis.

Sieur parrain,

Je vous écris le matin même de mon départ. Je quitte la Bourgogne pour rejoindre l’Aragon, ce qui signifie que je ne pourrais plus faire partie de l’Ordre des Basilics, ce qui avait été pour moi un énorme honneur.
J’espère cependant que la distance physique ne crée pas entre nous une distance affective, et vous souhaite une longue vie et une grande prospérité.
Je vous laisse, avec un certain chagrin mais une joie d’aller connaître la terre de mes racines, vous remerciant pour tout ce que vous avez toujours fait pour moi.

Votre filleul devant Aristotes et devant les hommes,


Reginhart de Volpilhat, baron de Malpertuis.

Dans sa troisième lettre, Reginhart a écrit:
Vingt-quatrième jour de mars de l’année mille quatre cent cinquante six, à Malpertuis.

Monsieur le Vicomte de Margny,

Je quitte ce matin même la Bourgogne et la France, mais je tenais à vous rappelez que seules quelques années nous séparent du jour ou je vengerais l’affront que vous m’avez fait.
Je vous écris pour vous rassurez, ce n’est point lâcheté qui me fait partir, et bien au contraire, vous avez la promesse de mon retour, quand j’aurais mes seize ans, afin de laver l’affront que j’ai subi de votre main.

A ce jour-là, cher vicomte, et saluez votre très jolie fiancée.


Reginhart de Volpilhat, baron de Malpertuis.

Dans sa quatrième et dernière lettre, Reginhart a écrit:
Vingt-quatrième jour de mars de l’année mille quatre cent cinquante six, à Malpertuis.

Au Collège de la Noblesse,

Nobles de Bourgogne, par la présente, je vous préviens de mon départ imminent vers l’Aragon pour une période indéterminée et de longue durée à ne point en douter.
Je continuerais cependant à me tenir au courant de ce qu’il se passera entre les murs du Collège par l’intermédiaire de mon intendant à Malpertuis.

Cordiales salutations,


Reginhart de Volpilhat, baron de Malpertuis.

Une fois les lettres écrites et scellées, Reginhart les confia à un valet afin qu’il les confie a un messager afin qu’elles parviennent a destination, puis, enfilant ses gants en cuir et sa cape noire, il sortit, avec un dernier coup d’œil du castel de Malpertuis.

La trentaine de soldats dont la description à commencé notre récit, se trouvait aux portes de Nevers, et se fut entouré de sa garde personnelle de dix soldats élites tous aragonais, que Reginhart, après être monté sur scelle, quitta la Cour Intérieure de son castel.
Quelque temps après, les deux groupes se réunirent et s’apprêtèrent à marcher vers le lieu où Reginhart et Jehan s’étaient donnés rendez-vous.

Le départ du jeune baron n’était pas des plus discrets, mais il prenait le monde entier par surprise, n’ayant prévenu de celui-ci personne avant l’heure exacte. Il laissait, par contre, le soin à son père de voiler ou pas, son arrivée et son départ à lui. Reginhart voulait que l’on soit au courant qu’il marchait, mais il respectait les choix possibles de son père, raison pour laquelle les couleurs de Jehan ne flottaient pas au vent et le rendez-vous avait été choisi aux frontières de la Bourgogne.

En tout cas, par ce matin de printemps où les oiseaux finissaient leur chant matinal et une bise de vent glacial balayait encore les feuilles naissantes des arbres, Reginhart de Volpilhat, baron de Malpertuis quittait, pour la première fois de sa vie, sa baronnie, pour une période qui allait s’avérer si longue.
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Reginhart
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MessageSujet: Re: [Archives RP] Le départ du baron   Dim 04 Mai 2008, 15:06

Marguerite

Une lettre, porté par un messager monté bien plus rapide que le convoi de meubles de Malpertuis, arriva en Languedoc un certain nombre de jours plus tard.
La Fleur d'Oc, reconnaissant la livrée, porta sa main à son pendentif d'ambre, qui l'accompagnait depuis tant d'années.

Reginhart ! Ses yeux se fermèrent, elle respira fortement. Le seul amour éternel de sa vie... Son frère, son sang, et sa vie, presque, suspendue à ce garçon qui avait toujours vécu loin, et toujours été proche pourtant, dans les pires moments de sa vie. La mort de sa mère, son mariage - qu'avait-il dit alors ? « N'oublie jamais qui tu es, quoiqu'il se passe, rappelle-toi de ton nom, Marguerite de Volpilhat. »
Elle n'avait pas ouvert la lettre, que déjà son émotion l'envahissait. Ceux qui connaissaient Marguerite savaient pourtant qu'elle était forte, d'un caractère autoritaire souvent, et peu émue d'autre chose qu'Aristote. Mais les nouvelles de son frère étaient d'autant plus rares que son amour pour lui était puissant. Oh, quel Roi il ferait, lui qui régnait déjà sur son cœur !

Le cachet de cire craqua, et elle déroula le fin vélin sur lequel l'écriture caractéristique de son frère s'étendait. Avare de mots, souvent, s'il écrivait, c'était important. Le sourire de la vicomtesse s'étira doucement... Toujours à commencer par les pires banalités, comme pour noyer son angoisse. Mais la suite était une véritable déclaration d'amour, comme jamais il n'avait osé lui en faire qu'à demi-mots. Attendrie et touchée de ces mots, c'est à peine si elle remarqua qu'il s'était trompé sur le nom de sa petite sœur - comptait-elle finalement pour quelqu'un, cette petite Catalina Constance ?

Ainsi, il partait en Aragon. Et sans doute s'il écrivait cela, c'était qu'il ne comptait pas s'arrêter en Languedoc pour la voir - il verrait Louis-Raphaël au passage, ce qu'il ne voulait sans doute pas. Etait-elle condamnée à ne plus voir son frère et son père tant que son mariage durerait ? Cette pensée la peina. Mais elle serait avec son goupil de frère, dans leur pays : elle serait comme un sceau sur son cœur, comme un sceau sur son bras, avec lequel il brandira l'honneur de Volpilhat.


Elle songea que Reginhart devait être en route. Pour aller de Malpertuis en Aragon, il lui fallait passer par le Languedoc - et enceinte, elle ne pourrait aller à sa rencontre, ou le poursuivre, si on les annonçait déjà plus loin. Non, elle, elle ne pourrait pas le voir. Il fallait rester sage, rester à Cauvisson, et attendre la délivrance de l'enfant.
Mais des coursiers, il y en avait. Elle écrivit trois copies de sa réponse, et envoya trois hommes : un à Montpellier, un à Narbonne, où se trouvait la route menant en Catalogne, et le dernier à Carcassonne, d'où partait la route d'Urgel.



Citation :
Château des Nogaret, le Premier d'Avril de l'an d'Horace MCDLXVI.

Baron, mon très cher frère,

Le temps d'ignorance que j'endure entre chacune de vos lettres est balayé s'il m'arrive de voir votre scel au bas d'un parchemin, car alors je sais que jamais vous ne m'aviez oubliée - comment cela pourrait-il être ?
Vous avez vécu une vie insouciante à Malpertuis, et si vous m'êtes un aîné, j'ai avant vous dû me plier aux volontés parentales : votre tour est venu, et vous entrez dans une vie sérieuse, qui sera sans doute bien souvent privée de cette insouciance qui vous donne ce visage si aimable. Je prierai pour vous, et pour notre estimé père.

Mes pensées tout entières se tournent vers vous, et l'avenir qui vous attend. Vous m'aviez dit de ne jamais oublier mon nom, je m'y applique - mais ce sera à vous de le faire briller. Vous en êtes capable, j'ai foi en vous : les Volpilhat marqueront l'histoire. Mais, je vous en supplie, ne dites pas qu'en quittant la France, vous me quittez : ce serait m'assimiler à ce pays, quand la Bourgogne et le Languedoc n'en sont que des allégeants - et que Dieu me garde d'être jamais Française ! Je suis Languedocienne, et ce n'est pas si loin de l'Aragon.
Je suis née femme, je ne transmettrai pas notre nom, mon frère ; pourtant un petit Jaime pourrait naître de mon ventre arrondi, s'il plaît à Dieu que l'enfant soit un garçon. Jaime, Jacques, souvenez-vous, c'est le nom de Jaime d'Urgel, de qui nous tenons notre prétention à la Couronne d'Aragon. Notre père a pris soin, en rédigeant ce contrat qui me niait désormais toute légitimité sur l'Aragon, d'imposer malgré tout ce nom aragonais à mon premier fils. J'ai épousé un Appérault, et, ironie du sort, mon fils sera un Aragonais dans l'âme.

L'Appérault m'est toujours haïssable, mais Louis est un homme bon, dont le seul défaut apparent est de n'aimer pas le Sud et le Pays d'Oc, où pourtant il a accepté que nous déménagions, sur ma supplication. Il cherche vraiment mon bonheur, je lui en suis reconnaissante.

Mais jamais je crois je ne pourrai l'aimer autant que vous, parce que vous savez quelles sont mes douleurs, et les inclinaisons de mon cœur. Si je peux compter sur vous, sachez que votre règne sur moi est également sans partage, hormis celui du Très Haut, et qu'à mon tour je vous fais le serment solennel de vous aider, en toute chose qui me serait possible.

Mon frère, je vous embrasse,
Baron, je vous salue.

Marguerite Corteis de Volpilhat
Vicomtesse de Cauvisson
Dame d'Hermeline


Dernière édition par Reginhart le Dim 04 Mai 2008, 15:22, édité 1 fois
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Reginhart
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MessageSujet: Re: [Archives RP] Le départ du baron   Dim 04 Mai 2008, 15:08

Reginhart


Citation :
Carcassonne, le dix Avril de l’an MCDLXVI.

Vicomtesse de Cauvisson,

Nous sommes actuellement en Carcassonne, ville d’Oc, si près de vous, et pourtant si loin. Recevoir votre lettre m’a réchauffé le cœur alors même que le soleil du Languedoc n’y parvenait pas. J’aurais aimé vous rendre visite, mais notre Père prétend que le temps manque, et pour ne point vous mentir, vous voir serait un supplice car une fois que j’aurais été a vos côtés, bien lourde aurait été ma peine de devoir vous quitter de nouveau.
Nous faisons une brève pause pour que les montures puissent manger et boire, le matin brille comme c’est habitude dans ces contrées. Si le Très-Haut nous le permet, ce soir je dormirais sous le ciel de Catalogne. J’en suis impatient et pourtant je le crains. Je ne sais comment expliquer…
En fin, maintenant les Pyrénées nous sépareront, mais tout compte fait, nous serons sans doute plus près, puisque nous partagerons à peu près le même soleil et que le trajet à cheval sera plus court. Venez un jour nous visiter a Urgell, pourquoi pas ? Quand mon neveu sera né, apportez-le-moi que je puisse le connaître !
Marguerite, je dois vous laisser, il faut que j’aille me préparer, il faudra être rapide pour que la nuit ne nous surprenne pas en contrée abandonnée.

Je prie pour votre bonheur, pour votre santé et pour votre enfant, priez pour moi, vous que le Très-Haut ne pas avoir que en très haute estime.

Je vous salue Marguerite de Volpilhat,

Reginhart IV Ferreol Raphael de Volpilhat
Sixième baron de Malpertuis
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