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 [RP] L'Hostel des Malpertuis - 2

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Marguerite
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MessageSujet: [RP] L'Hostel des Malpertuis - 2   Mar 03 Avr 2007, 11:09

Marguerite

A l'angle de la rue de Cers se dressait, imposant, l'Hostel des Malpertuis. Acquis par ceux qui, alors, n'étaient que barons de Malpertuis, Elissa et Jehan de Volpilhat, à l'ouverture à la colonisation de Carcassonne, il était désormais presque à l'abandon.

La seule personne susceptible de l'habiter avait hérité d'une baronnie au large de Carcassonne, qui lui fournissait un castel autrement plus vaste et tranquille qu'un hostel en ville.

Mais Marguerite de Volpilhat, de retour de Narbonne, n'était toujours pas rentrée à Bram. Elle n'avait toujours pas vu - ou si peu - l'état de la baronnie depuis son voyage en Champagne. Elle espérait que son intendant, le sire Piquerouge de Tolosane, avait rempli avec soin son office. Comme elle-même faisait, depuis plusieurs semaines, d'incessants allers et retours entre le Languedoc et l'Aragon de son père, un détour par Bram lui était défendu : trop loin, trop à y faire pour pouvoir s'en détacher...

Marguerite avait rouvert l'Hostel, découvert une couche fine de poussière, preuve que le temps avait bien passé. Elle avait mangé à l'auberge, tant que la cuisinère, Flamenca, n'était pas venue de Bram. Montpellier, Carcassonne, Urgel, Montpellier à nouveau : ses voyages l'épuisaient.

Ce jour-là, la jeune baronne, suivie de son valet le Paulet, sortit en ville. Il s'agissait de quelques menues affaires à mettre en ordre avant que de repartir, une fois encore, pour l'Aragon.
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Marguerite
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MessageSujet: Re: [RP] L'Hostel des Malpertuis - 2   Mar 03 Avr 2007, 11:10

Valandil

Le jour venait de poindre. La journée s'annonçait claire et merveilleuse, quasiment sans nuages pour la belle ville de Carcassonne. Valandil arriva alors à cheval, sur sa jument grise que lui avait donné son maistre, le chevalier Erwyn of Kylebonhamm, avant son voyage. Passant les larges portes qui s'ouvraient à l'Est de la cité, les chocs des sabots contre les pavés rythmés le laissaient désormais somnolent à moitié, après la longue période passée sur les routes du royaume pour aller en Provence.

Il avait désormais 15 ans, et bientôt 16. Il avait parcouru le royaume pour revoir sa famille, loin, tres loin de Ryes où il était formé. A Arles, sur les bords de la Méditérrannée. Là résidait son père, Shivou d'Aubagne. Il avait donc été lui rendre visite, voir ce que devenait sa jeune soeur. La jeune fille accédait peu à peu au statut de femme, éveillant les regards des jeunes hommes sur elle. Et son père, malgré la joie de revoir son fils, annonça alors la triste nouvelle alors qu'il était sur son coeur.

Valandil le regarda longuement, sans comprendre, les yeux écarquillés, bientôt emplis de larmes. Ils allèrent le même jour sur sa tombe, à Arles. Et, voyant la pierre tombale...Valandil ne put retenir ses larmes, qui allèrent tremper le marbre froid et glacial de la dernière demeure de la première femme de sa vie: sa mère...
Fermant les yeux, tâchant de rester digne, il posa les questions habituelles: Où? Quand? Comment?

Et devant l'absence de réponses, la tristesse déferle, tel un torrent trop violent. Il n'avait plus vu sa mère depuis 6 ans...Et maintenant, voilà que...Il était anéanti, incapable de ressentir quoi que ce soit. Il ne put murmurer qu'un mince:


Pardon...je t'en pries...pardonne moi...

Et malgré les consolations empressées de la famille, le sentiment de culpabilité reste pour le deuxième homme de la famille, qui aurait dû être là pour ses derniers instants. A ce moment là, il se trouvait à Ryes...Il ne put rester longtemps à Arles. Il la quitta, sachant que cela serait définitif. Il ne reviendrait plus jamais en cette ville, où il avait passé son enfance. Il ne pouvait dire pourquoi, mais il le savait, au plus profond de lui. Et cette perspective ne l'enchantait pas...

Mais il lui fallait reprendre la route. Il repartit alors, direction le Languedoc, et Carcassonne, pour un arrêt essentiel, visant à délivrer la missive que lui avait confié son maistre pour la fille de son amie, dame Elissa.

Et il se trouvait maintenant là, au milieu des badauds qui avançaient en cette journée de marché vers la place du village, chacun portant son fardeau sur son épaule. Même l'odeur des épices, du vin, du pain chaud, des légumes variés et divers ne parvenaient à défaire son attention. Il avançait, plus par habitude que par volonté. Il avançait comme le font les animaux déjà mort à qui il reste un semblant de vitalité nerveuse: parce qu'ils l'ont toujours fait. La mine sombre et triste, empreinte de gravité, il avançait par les rues, se frayant un passage en faisant tourbillonner son cheval autour des étals, à la recherche de ce qu'il cherchait. Au détour d'une rue, alors que le rai de soleil tombait sur la façade et que, pour sa part, il se trouvait dans une ombre ventée, il sut qu'il avait trouvé: l'hostel des Malperthuis...

Il avança alors, mis pied à terre à proximité des quelques marches qui menaient au seuil, et avança, ne sachant pas encore que c'était son destin qui était à l'oeuvre, et l'un des principaux évènements de sa vie restait encore à jouer, qui changerait totalement sa vie...
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MessageSujet: Re: [RP] L'Hostel des Malpertuis - 2   Mar 03 Avr 2007, 11:13

Marguerite

Touchant la baronne et son domestique, ils jasèrent près le corps de ville de la route vers l'Aragon et sa sécurité, celle des vies et celle des bagues. Le Paulet, quand ils furent ensuite de retour du bargouin, fut le premier à apercevoir le bec jaune devant l'Hostel et à dire pour lui-même :

-« Niquedouille ! Qu'est-ce donc que ce drole peu colombin se trantolant à front de l'Hostel ? »

Mais la baronne, bien que quelques pas en retrait, sembla avoir entendu, sinon ce qu'il disait, du moins qu'il parlait.

-« Que dis-tu, Paulet ? »
-« Je dis que l'alloure de ce drole-là m'embufe... » Il montra le jeune homme à côté de son courtaud.
-« Billes vezées, Paulet ! Accoise-toi, tu dis des sottises. »

Marguerite espincha malgré tout en coin celui qui semblait presque un muguet, et qui n'avait certes pas l'alloure d'un Roume ou d'un caïman. Sa braveté la poussa à lui mander ce qu'il faisait céans, et ainsi lui parla-t-elle :

-« Bon jorn, Moussu ! Peux-je vous mander de me bailler votre nom, puisque vous vous tenez céans et sans branler à front de mon logis ? »


[c'est drole, pour garçon (en vieux français) et non drôle avec un accent]
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MessageSujet: Re: [RP] L'Hostel des Malpertuis - 2   Dim 03 Juin 2007, 13:00

Margot de Volpilhat a écrit:
Marguerite était sur un petit nuage. Encore un peu embrumée par les vapeurs d'alcool de la veille.

Ce marquis avait une sacrée descente. Il avait réussi à lui faire perdre la froide dignité dans laquelle elle était d'ordinaire drappée. Marguerite avait découvert l'alcool. Et dans cette optique, elle décida de faire sa messe en plein air ce dimanche. Et d'honorer sainte Boulasse, patronne des taverniers...

Elle avait fait amener un gros tonneau qui, placé droit, avec une grande planche posée dessus, ferait l'autel. Et la boisson pour après la messe.

L'heure vint, et Marguerite commença sa messe :


-« Mes frères, mes soeurs ! Je suis heureuse de faire cette messe aujourd'hui tout spécialement dédiée à Sainte Boulasse. Commençons ce rassemblement par la récitation de notre crédo. Et unissons nos paroles en nous prenant les mains. »

La jeune diaconesse elle-même s'avança parmi les fidèles pour former la chaîne de vie.



-« Mes frères ! Qui a dit :
Livre des Vertus - Hagiographie de Sainte Boulasse a écrit:
C’est pas parce que la communion est gratuite, qu’il faut se moquer des fidèles et distribuer du picrate.
          ?

Sainte Boulasse, mes frères, mes soeurs ! Je vais vous lire un passage de sa vie, et nous en discuterons...

Citation :
La jeune Boulasse est né en 552 à Beaune en Bourgogne. Ses parents, païens, tenaient une taverne respectable sur la place du marché, la « Taverne des Hospices » (bière à 0,60 écus et menus à 6). Gens sérieux et respectables ils n’en priaient pas moins les idoles et méconnaissaient le message de L’Eglise. Cependant ces braves taverniers s’approvisionnaient en vin et bière auprès des moines des environs et Boulasse qui s’occupait de la réserve avait de fréquents contacts avec eux.

Comme elle était ouverte et intelligente, les moines l’initièrent, à la fois, à la foi et à l’œnologie.
C’est au cours d’une de ses très longues nuits de formation et discussion théologiques dans l’arrière salle de ses parents qu’elle fût éblouie par la lumière divine dans le reflet d'une pinte.

Convertie et sure de sa foi, Boulasse quitta ses parents et choisi la voie de l’Eglise. Elle fut formée par un des moines qui l'avaient pris sous leur aile, fort impressionnés par sa force de conviction.
Ressentant le besoin impérieux de prêcher pour sa nouvelle foi, elle se fit ordonner secrètement prêtre en 582 , en dépit des interdictions et consciente des risques mais sure de suivre les desseins divins. Ne pouvant devenir curée, elle ouvrit une taverne « au bon croyant » où elle fit des conversions et donna des cours de catéchisme, et même dit-on, elle y aurait baptisé des croyants avec l'aide et le soutien du curé de Mâcon.
Rompue aux prêches de grande écoute et gérant sa taverne de main de maître, elle eut une action missionnaire d’envergure sur la ville et convertit les masses à la vraie religion. On se souviendra longtemps de son action charitable envers les vagabonds et de l’organisation de ses quiz religieux en taverne avec ses lots de bière à gagner.

« Mes frères, mes soeurs, voyez où Boulasse a trouvé l'illumination du Très Haut : dans le reflet d'une pinte. Le Très Haut est partout, et affectionne autant les églises que les tavernes !
Ne croyez pas être de mauvais aristotéliciens parce que vous passez vos journées en taverne. Comme Boulasse, faites des tavernes le lieu de propagation privilégié de l'Aristotélicisme. Que devons-nous retenir d'elle ? Sa charité et sa foi, qui l'ont élevée en état de sainteté. N'hésitez jamais à offrir un verre à vos amis, en taverne. Le Très Haut aime riches comme pauvres, et plus encore celui qui aura été pauvre d'avoir utilisé sa richesse pour glorifier Sainte Boulasse et servir des tournées générales, mes frères, mes soeurs... Elle avait mis une pancarte dans sa taverne : « La maison ne fait pas crédit aux riches, mais offre l’eau et le pain aux démunis ».
Sainte Boulasse n'a pas apporté la débauche et la pure gourmandise. Le vin et la bière au service du Très Haut, pour adoucir les moeurs et convaincre les plus païens, voilà ce qu'elle a prouvé.

Ainsi, les tavernes, mes amis ! Je ne vous apprendrai rien si je vous dis que ces lieux sont importants, que l'alcool qui y coule, toute mesure gardée, est source d'amitié, de rapprochement, de vie en communauté ! Qui n'a jamais entendu, après une soirée bien arrosée, cette phrase si douce à l'oreille : « Que la Boulasse soit avec toi ! »

Comme Sainte Boulasse en a donné l'exemple, je désire plus que tout organiser dans les tavernes des questionnaires à boire. Des questions simples, des questions plus avancées... Testons notre cathéchisme dans la bonne humeur ! Sainte Boulasse est généreuse, vous le savez. Sainte Boulasse aime qu'on la prie, et le rend bien !
Venez à la messe le dimanche, honorez Sainte Boulasse régulièrement, et travaillez, malgré tout, pour ne pas tomber dans une vie de débauche et de stupre. N'oublions jamais cet enseignement de Sainte Boulasse :
Citation :
Il faut boire avec modération et prier avec ferveur.

Et maintenant, mes frères, mes soeurs, prions. »



La jeune diaconesse laissa un instant les fidèles méditer et prier après son homélie, puis poursuivit :

-« Et maintenant, que les fidèles qui désirent communier dans l'amitié aristotélicienne s'avancent ... »



Marguerite rompit le pain de l'amitié aristotélicienne et le distribua. Puis elle conclut :

-« Nous célébrerons mercredi le baptême de Maëlle près de l'Aude, avec l'eau de laquelle elle recevra le sacrement. La cérémonie pour le reste se déroulera dans un pré. Venez nombreux pour elle !
Je conclus sur une dernière citation de Sainte Boulasse :

Citation :
J’ai plus de cœur que de foie mais je peux tout digérer si c’est dit par amour du Très Haut.

Par la grâce de Christos et d'Aristote, que Foi et Raison nous guident ! »

Et sur cette phrase, elle invita le bedeau à enlever la planche qui se trouvait sur le tonneau.

Il amena aussi des paniers remplis de pains et de salaisons.


-« Tous ceux qui le veulent peuvent rester manger et boire. Aujourd'hui, nous nous retrouvons sous la bénédiction du Soleil, le Paradis, pour boire et manger en mémoire de Sainte Boulasse. »
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