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 [Archive RP] La joueuse de flûte

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Elissa
Feue la Comtesse
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Fecha de inscripción : 14/09/2005

MessageSujet: [Archive RP] La joueuse de flûte   Dim 17 Sep 2006, 00:52

Maréva a écrit:
La ville de Paris était un lieu plus que prestigieux pour les provinciaux. Depuis toujours, Maréva révait de venir frôler l'herbe des jardins, humer les parfums des fleurs. Elle n'avait encore jamais eu le bonheur de voir ces lieux enchanteurs en vrai.

Elle y pensait depuis longtemps ... Et hier, enfin, elle s'était décidée ! Elle s'était fait un baluchon, avec deux miches de pain (tout ce que sa maigre bourse pouvait lui permettre) et une flûte. Elle était ainsi partie en voyage sur les routes, bien décidée de passer au moins quelques temps au abords du Louvre, du Chateau de Vincennes et de Notre Dame.

Il lui avait fallu longtemps, fort longtemps pour arriver à destination. Combien de temps ? Elle ne saurait le dire ... En réalité cela lui avait semblé bien court, car chaque jour elle se rapprochait de son but. Son coeur battait un peu plus vite à chaque pas.

Enfin, les pieds meurtris, mais le coeur joyeux, Maréva avait aperçu les premières maisons de la ville de Paris. Elle avait posé son baluchon et entamé sa dernière miche de pain en versant une larme d'émotion.

Elle avait ensuite demandé son chemin à un homme fort bien habillé, qui avait reculé de dégoût en la voyant approcher.


"Bonjour, m'indiqueriez-vous où se trouve le Louvre, mon bon seigneur ?"

L'homme lui désigna du doigt la direction à prendre, tout en fronçant le nez. Maréva n'avait pas eu le loisir de nettoyer la crasse qui l'avait recouverte en chemin. Elle avait tout juste pris le temps de se baigner dans une rivière sur le bord de la route, avant de se faire extirper de l'eau par des paysans beuglants.

Elle arriva donc après plusieurs détours devant les grilles du Louvre. Celles-ci étaient fermées pour elle. Des gardes se trouvaient à l'entrée et ne laissaient rentrer que les beaux messieurs, vétus de riches atours, et les belles dames.

Maréva admira un instant les tissus richissimes et les bijoux que portaient toutes ses nobles personnes. Cela ne lui faisait pas envie, non. Elle mourait d'envie d'entrer dans le Louvre, mais non pas en temps que noble dame. Peut-être le deviendrait-elle. Peut-être trouverait-elle un riche mari. Maréva se rendit compte qu'elle révait ... Jamais elle n'aurait la chance d'entrer dans ce lieu magique. Aucune dame ne voudrait d'elle comme domestique. Elle avait un aspect si peu ragoutant ! Pourtant, nettoyée de sa crasse, Maréva était une jeune-fille tout à fait charmante.

Elle continuait à y croire. Elle sortit sa flûte, posa son baluchon devant les grilles et se mit à jouer de douces mélodies. Peut-être une dame, passant par là, serait-elle charmée par sa musique et accepterait-elle de la prendre auprès d'elle. Ne serait-ce que pour lui faire visiter ces lieux ! Maréva se montrerait discrète et attentive. S'il fallait qu'elle en ressorte, elle le ferait, sans difficultés ...

Elissa a écrit:
La Comtesse consort d'Aragon quitta ce jour l'auberge Au Lion d'Or, près le palais du Louvre, pour se rendre comme à son habitude à la Hérauderie de France.

Paris était l'égale d'elle-même ce matin : sale, puante, Elissa exigea comme chaque fois le haut du pavé, que son valet dégageait devant elle. Alors qu'ils passaient tout proche du Louvre, elle perçut dans le brouhaha de la foule un air doux, qui semblait peu en phase avec l'esprit bouillonnant de la cité.

Intriguée, elle fit signe à son valet de la suivre et se dirigea vers la source de la musique, qui la porta bien vite devant les grilles du Louvre. Les gardes, constatant le rang d'Elissa à ses vêtements cousus d'or - apanage des nobles -, ils écartèrent leurs hallebardes comme pour la laisser passer, mais elle leur indiqua d'un signe de tête qu'elle ne désirait pas entrer. Elle se rendit auprès de la pauvrette qui jouait, et l'écouta sans mot dire.

Citation :
Maréva jouait toujours. Sa musique la transportait dans une autre dimension, au point qu'elle n'en avait pas vu la belle Dame qui se faufilait vers elle.

Dans sa musique, elle y mettait tout son coeur, toutes ses émotions.

Enfin, son morçeau fini, Maréva rouvrit les yeux et se rendit compte qu'on la regardait et qu'on l'écoutait avec attention. Ce "on" n'était pas n'importe qui ! Maréva bouleversée tomba à genoux dans la poussière, balbutiante ...


"Pardon, pardon, je ne vous avais pas vue !" s'exclama-t-elle confuse.

Maréva se rendit compte qu'elle ne savait même pas comment il fallait saluer les nobles personnes ... Elle resta donc sur le sol, espérant un geste clément.

Citation :
La jeune femme, en se jetant aux pieds de la comtesse, fit voler un nuage de poussière. Elissa secoua le tissu de sa robe puis s'adressa d'une voix douce à la jeune femme, déjà sale, qui restait au sol.

-"Relève-toi, relève-toi... Ta musique est charmante, demoiselle. Qui es-tu ? D'où viens-tu, que tu sois si sale et misérable à jouer pour rien devant des grilles qui jamais ne s'ouvriront pour toi ?"

Citation :
Tout en se relevant, Maréva gardait le visage fixé sur le sol, n'osant pas lever les yeux vers celle qui lui parlait. Elle répondit d'une petite voix tremblante:

"Merci Dame. Je m'appelle Maréva. Je viens de Bayeux, en Normandie. J'ai fais la longue route jusqu'ici dans l'espoir de pouvoir voir un jour de près des belles personnes comme vous.

Je sais bien que dans ma condition, jamais ces grilles ne s'ouvriront pour moi ... Mais je me suis dis que peut-être, si quelqu'un avait pitié de moi, on me prendrait avec soi, comme femme de chambre par exemple !

Je ferais une excellente domestique. Je joue de la flûte, je sais tenir une maison."


Maréva s'apperçut qu'elle en disait trop. Elle était surement en train d'incomoder la personne qui avait prit la peine de s'abaisser vers elle. Peu de gens de sa condition l'aurait fait. Et Maréva en était encore toute bouleversée.

Elle repensa à la route difficile qu'elle avait eu à faire, aux dangers qu'elle avait écartés ...

Elle repensa aussi à ses deux miches de pain, qu'elle avait prit soin d'économiser. Malgré cela il ne lui en restait que quelques miettes au fond de sa besace ... Ce serait son repas pour ce soir. Et après ? Maréva ne préférait pas y penser. Elle n'avait pas d'écus dans sa bourse. Elle avait tellement espéré qu'on lui laisse sa chance à la Cour, qu'elle n'avait pas pensé au retour ...
Citation :
-"Eh bien, Maréva, n'as-tu point songé qu'il te faudrait gagner ta vie, à Paris ? Tout ne vient pas ainsi, et avant que tu puisses entrer, de longues semaines, de longs mois sans doute passeront. Regarde-toi : tu es toute crottée. Qui voudrait de toi, qui oserait mesme te regarder, si tu ne jouais si bien de la fluste ? Allez, suis-moi... Je devais me rendre à la Chapelle Saint-Anthoine, mais cela attendra. Mes dames de compagnie et mes servantes sont toutes restées sur mes terres, alors, si tu le veux, tu peux rester un temps en ma compagnie - à condition que tu te frottes bien le nez et derrière les oreilles tous les jours. Je ne veux pas d'une souillon pour servante !" conclut-elle avec un air enjoué.

Elle se retourna alors, prête à se lancer dans la foule, toujours précédée de son valet qui ne pipait mot, quand elle réalisa qu'elle avait oublié l'essentiel. Elle tourna son regard vers la jeune femme et dit :


-"Je suis Madame de Volpilhat, baronne de Malpertuis, et mon époux est l'actuel Comte d'Aragon."
Citation :
Il était vrai que l'aspect de Maréva était assez répugnant. Toutefois, dans la vie de tous les jours, elle n'était pas ainsi. Il ne lui fallait qu'un bon bain pour faire honneur à celle qu'elle appellerait désormais sa maîtresse, même si elle ne savait combien de temps celle-ci la garderait près d'elle.

Elle s'inclina au nom emprunt de respect de la Dame et de son époux. Sa révérence était assez gauche, mais avec un peu d'entraînement, elle y parviendrait parfaitement.

Maréva embala sa flûte dans sa besace et s'apprêta à suivre la belle Dame. Elle irait partout où elle voudrait.

Hésitante, Maréva lança tout de même:


"Permettez, Madame, que je prenne un bain et que frotte mes habits. Je voudrais vous faire honneur. Il est vrai qu'en l'état où je suis l'on se demanderait d'où vous m'avez repéchée ..."
Citation :
Elissa hocha la tête.

-"En effet, cela serait sage. Nous pouvons aller aux étuves, il s'en tient à deux rues de là, et tu pourras t'y laver et je t'y procurerai des vestures plus propres et convenables."

Cette fois, la comtesse emboita le pas de son valet et le suivit, alors qu'il réclamait le haut du pavé et tâchait d'obtenir satisfaction, pour sa maîtresse.
Citation :
Pour Maréva, c'était le comble du luxe. Ce serait sûrement autre chose que ses robes de drap grossier qu'elle possédait ...

Elle lui était aussi reconnaissante de lui permettre de prendre un bain. Elle n'était encore jamais allée aux étuves. Habituellement, elle se baignait dans la rivière de son village. Pour elle, c'était donc tout un évènement. On en entendait tellement parler ! Pour les gens du peuple, c'était le lieu de débauche des nobles, là où les maris trompaient leur femme ...

Maréva suivit de son mieux sa maîtresse, qui se faufilait dans la foule.
Citation :
La Comtesse d’Urgel et la jeune Mareva arrivèrent aux étuves alors que sonnait au clocher de la plus proche église la moitié de la journée. La bâtisse avait pour enseigne un écus d’argent portant deux ciseaux de sable, ondé d’azur en pointe. Elles rentrèrent et furent accueillies par l’étuvière, une femme bien en chair et rougeaude ayant chemise nouée en chef. Elle était de rouge vêtue, et semblait avoir déjà vu de nombreux printemps.
Son regard perçant s’étonna assez vite de la présence de Maréva, alors que la Comtesse, à sa tenue brodée d’or, avait très vite signifié son rang que d’autre part l’étuvière connaissait pour l’avoir déjà eue comme cliente.


-« Je te prie de nous recevoir toutes deux. Soigne ma servante, frotte-la et frotte ses cheveux. »

Sans attendre de réponse, la Comtesse fit signe à Maréva de la suivre alors qu’elle montait à l’étage. L’étuvière dit d’une voix forte :

-« Mesdames peuvent se mettre à l’aise, je leur envoie céans servante et chambrière. »

Les deux femmes entrèrent dans la chambre. On y trouvait un lit à baldaquins, ainsi que de grandes cuves, comme de larges tonneaux, adossées aux murs et entourées de rideaux. Un feu brûlait dans une cheminée, face à la porte. Enfin, sur une table dressée sur des tréteaux, une pile de draps et de serviettes attendait les clients.
Elissa dit à Maréva :


-« Je suis déjà venue matinet, rien ne me sert de me laver derechef. Je m’en vais te chercher chemise et cotte convenables, il y a non loin une draperie. »

Ne connaissant pas encore parfaitement la jeune fille, craignant d’être dupe et bien que ne la soupçonnant pas pleinement, elle ajouta :

-« Il serait bien entendu inutile de chercher à quitter l’étuve sans moi, l’étuvière te ferait payer à ma place, et tu n’aurais pas le compte. »

Enfin, souriant à nouveau et d’un ton plus materne :

-« Prends garde à toi, je ne serai pas longue. »

[HRP : Les descriptions de l’étuve me sont inspirées par la bande dessinée Le dernier chant des Malaterre, de la trilogie des Compagnons du Crépuscule, de Bourgeon.]
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