AccueilFAQRechercherS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 [Archive RP] Un seul jour, deux crépuscules...

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3  Suivant
AuteurMessage
Eléïm
Gardien des clefs de l'Hoste
avatar

Cantidad de envíos : 278
Fecha de inscripción : 08/09/2006

MessageSujet: Re: [Archive RP] Un seul jour, deux crépuscules...   Dim 17 Sep 2006, 00:06

Posté le: Mar Aoû 01, 2006 3:36 pm

Jehan

Au petit matin, un laquais, toque jaune et casaque or barrée de gueules, fit irruption sur le Pont vieux.

Il éperonna sa cavale pour contourner le lavoir, passa devant le cimetière comme un trompe-la-mort et parvint à la tour de l'Inquisition, où estoit sis le guet de Carcassonne.

Comme il ne transportoit rien à part une époisse couche de poussière, on le laissa pénestrer dans la ville. Il fut bientost Ruelle du Castel, et déboula gracieusement dans la rue du Cers.

Il s'arresta, tira un morceau de papier de sa poche et buta sur la plupart des mots :


-Hos... tel dé Mal... Malper...touisse. Roué dou Cersse. Debe de estar aquí. ¡Por Dios, vaya faena!

Il démonta, laissant sa monture haleter bruyamment. Puis frappa à une porte cochère. On lui ouvrit, il montra la lettre, fit comprendre en les massacrant qu'il ne parloit point l'oc ni mesme l'oïl, demanda trois fois en mauvais occitan si l'endroit estoit bien la demeure de «damé Elissa dé Malpertouisse", parut soulagé lorsqu'on luy répondit par l'affirmative, et confia la missive aux bons soins d'une servante qui luy parut accorte.

Alors, l'esprit soulagé et la gorge sèche, il alla s'attabler dans une auberge où il n'eut aucun mal à se faire servir.

Le pli fut tôt remis à la maistresse de maison. Il contenoit, oultre une rousse mèche de cheveux, le sonnet suivant :



Jehan a écrit:


Sonnet

Il te falloit choisir ta sœur ou ton Salut
Gagner ton Paradis, et perdre ta compagne
Ou ne prendre la croix, ce qui à Dieu ne plust,
Ô mon asme meutrie, loin d'espouse et campagne !

Te voicy oultremonts, sous le soleil d'Yspagne
Pourfendant l'infidèle tel Wilfred le Velu
Tel Jaime Conquérant franchissant la montagne
Combien d'âpres douloirs cette terre te valut ?

J'ai laissé le logis pour suivre mes chimères
Chimène languissante voudroit revoir son Ruy
Cidi Campeador fut époux et fut père !

Mais l'odyssée d'Ulys dura le chant d'Homère
Et retissant le jour ce que gâtoit la nuit,
Pénélope attendit que revint l'âme chère.

Vostre toujours épris,
Jehan

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eléïm
Gardien des clefs de l'Hoste
avatar

Cantidad de envíos : 278
Fecha de inscripción : 08/09/2006

MessageSujet: Re: [Archive RP] Un seul jour, deux crépuscules...   Dim 17 Sep 2006, 00:07

Posté le: Mar Aoû 01, 2006 3:39 pm

Eléïm

Eléïm fust quelque peu abalbi d'ouïr la viellete fabler la langue d'Oc, mais grâce à Dieu, il en maîtrisait quelques mots : en effet depuis qu'il vivoit en Languedoc, il avoit eu l'achoison d'écouter les causeries de quelques autochtones usant onquore de la langue traditionnelle.

Il comprit donc sans trop de poine le sens des propos de la duègne, celle-ci se cantonnant à des mots d'usage courant.

Il s'inquiêta quelque peu de l'ahait de la pulcele mais n'en demanda pas davantage à la gouvernante, sachant qu'il alloit pouvoir s'enquérir but a but de ces renseignements vers les intéressées -et aussi, sans vouloir se l'avouer, de peur que ses linguistiques audiences fustent dépassées-.

"Ore Ay!" dit-il avant de suivre la vieille femme dans les degrés.

Il destuiait peu à peu la riche demeure des Malpertuis mais n'en profita que peu, ayant grande ahaste de retrouver son amie.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eléïm
Gardien des clefs de l'Hoste
avatar

Cantidad de envíos : 278
Fecha de inscripción : 08/09/2006

MessageSujet: Re: [Archive RP] Un seul jour, deux crépuscules...   Dim 17 Sep 2006, 00:09

Posté le: Dim Aoû 06, 2006 2:43 pm

Elissa

La baronne de Malpertuis était au chevet de sa fille aînée, genoux au sol, coudes sur la couverture. La petite ne cessait de trembler et de se crisper. Elle était pâle commme la mort, et le voisin et médecin, Basilus, ne pouvait qu'aller dans ce sens : la faucheuse la prendrait bientôt, de la façon la plus horrible qui soit. La baronne répugnait à rendre compte à l'ébéniste d'un si terrible constat : il lui faudrait bientôt préparer une boîte, la plus belle qu'il puisse faire, mais dont on ne pouvait encore déterminer les dimensions ; le tétanos, ce farceur, rendait impossible à prévoir l'état du cadavre.

Aristote n'y pouvait rien - ce n'était pas faute de le prier, dans l'espoir un peu vain d'un miracle qui ne viendrait pas. Quand cette idée venait à Elissa, des larmes coulaient sur ses douces joues. Elles roulaient, salées, laissant une trace brillante sur leur passage, avant de s'écraser sur les draps. Elle songeait au duc de Maurienne, qui serait bien en peine d'apprendre cette mort - la noce était sur le point de se faire, il ne manquait qu'une date. Elle songeait à son époux, à qui elle avait écrit la veille, tremblante, une lettre sur ces tristes nouvelles. Elle songeait à son frère, qui de la haut devait intercéder auprès de Christos pour sauver sa filleule. Elle songeait au petit Reginhart, qui désormais serait l'aîné, et qui tranquille était à Malpertuis et y apprenait la gestion d'un domaine. Elle songeait à Marguerite, la petite que l'on avait projeté de mettre au couvent : il lui faudrait désormais honorer son père, et les voeux ne seraient plus pour elle. Elle songeait enfin, fébrile, à l'enfant qu'elle portait et qui ne connaîtrait jamais la première de cette génération de Volpilhat.

Henriette, la gouvernante, frappa sur le montant de la porte restée ouverte, et dit sans attendre :


-"Un visiteur, ma dame."

La baronne ne prononça pas un mot mais consentit à tourner la tête afin de voir si ledit visiteur suivait la gouvernante ou s'il était entendu qu'il attendait en bas. Comme elle le vit, elle s'efforça de sourire et, s'appuyant sur le lit, se releva. Elle se rendit près d'eux et tendit la main, paume tournée vers le sol.
Elle signifia à Henriette de se retirer. D'un geste large de la main, elle montra quelques coffres arrangés en vis-à-vis et sur lesquels étaient posées des coussins moelleux.


-"Asseyez-vous, je vous prie... J'ai reçu vostre lettre, tantost, m'annonçant vostre arrivée à Carcassonne. Je suis heureuse que vous soyez venu, car pour me voir en ville, vous auriez bien eu de la peine : je suis partagée entre Montpellier et ceste chambre. J'aurais voulu vous recevoir dans d'autres conditions, mais..."

Il fut difficile à Eléïm de savoir ce qui avait interrompu la dame, l'émotion ou le retour de la gouvernante, qui portait une lettre scellée dans la main.

-"Une lettre d'Aragon, ma dame. Elle porte le scel de Monsieur. Le courrier est encore là."

La baronne, laissant son hôte où il était, se leva prestement et saisit la lettre qu'on lui tendait. Elle pensa que la sienne et celle-ci avaient dû se croiser.

-"Merci. Fais nourir le courrier avant qu'il ne reparte."

Elle décacheta la lettre, l'ouvrit et la parcourut du regard, puis la posa sur la table de chevet et revint vers le sire Eléïm.

-"Je vous prie de m'excuser. Que disions-nous ?" demanda-t-elle d'un ton qu'elle voulait dégagé.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eléïm
Gardien des clefs de l'Hoste
avatar

Cantidad de envíos : 278
Fecha de inscripción : 08/09/2006

MessageSujet: Re: [Archive RP] Un seul jour, deux crépuscules...   Dim 17 Sep 2006, 00:10

Posté le: Jeu Aoû 10, 2006 4:40 pm

Jehan

Après quelques jours qui lui parurent interminables, une missive parvint enfin dans les blanches mains d'Elissa de Malpertuis.

Elle recognut le sceau, son coeur se remit à battre et larmes de joies remplacèrent larmes amères sur ses joues (desquelles on disoit qu'elles estoient les plus délicates du Royaume).

Elle resta longuement à contempler la missive, l'escriture et le scel.

Si elle l'avoit ouverte immédiatement, elle eût su que son espoux estoit dans un estat d'abattement similaire. Elle eût appris combien éploré le comte Jehan estoit d'avoir perdu sa fille aisnée. Et elle eût ressenti, parmi l'âpreté du desespoir, une flamme renaistre en elle, ravivée par le faict de sçavoir qu'oultremont, l'estre aimé ne pensoit qu'à elle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eléïm
Gardien des clefs de l'Hoste
avatar

Cantidad de envíos : 278
Fecha de inscripción : 08/09/2006

MessageSujet: Re: [Archive RP] Un seul jour, deux crépuscules...   Dim 17 Sep 2006, 00:11

Posté le: Jeu Aoû 10, 2006 5:03 pm

Eléïm

Eléïm était entré dans une celle froide, emplie de maux et de larmes. Plus il s'approchait de la bacele plus une certaine chaleur se faisait ressentir : c'était celle de la fièvre et elle n'était pas rassurante comme peut l'estre celle de l'âtre ou des bras aimants.

Cette chaleur était froide et vive un peu comme lorsque, dans nos jeux d'enfants, nous gardions les flocons tombés du ciel et que leur froid nous bruslait les paumes. Sauf que la neige est belle, sauf qu'elle est joyeuse et pure.

Il ne trouva pas la jeune fille majestueuse dans son agonie - comme cet état rend les pelices parfois-, il la voyait misérable plutost ; la Baronne, quant à elle, était magnifique dans son profond angor, déperdue dans son corage. Lui, également interdit dans le sien, se rendit compte tard qu'il avait été introduit et invité à baiser la main de la barnece.

Il retrouva viaz ses esprits, adeisa ses lèvres de la main fastueuse de la femme longue, mince -quoique moins que la dernière fois qu'il l'avait vue-, dejà en grand deuil. La douleur majestueuse qu'elle éprouvait rendait ses traits si hiératiques, il se sentit mal de penser que ça ne la rendait que plus belle.

Eléïm prit place, après y avoir été invité, sur les suaves coussins et commença à tenter de rassurer Dame Elissa (les conditions dans lesquelles il était reçu ne pouvaient pas être meilleures, eu égard à la situation), lorsqu'il fust interrompu par une missive et deux voix.
Sans en prendre ombrage, il en profita pour admirer la chambre richement ornée.

Quand la Dame revint vers lui et lui adressa la parole, ses yeux se posèrent à nouveau sur elle et il fust cette fois bien sûr que son ventre était gros d'un enfant.


-"Nous disions... Je disais... que j'étais heureux d'estre arrivé et de vous voir...

Il ne voulait pas en rajouter sur la maladie qu'allait emporter sa fille, car c'était sûr : le béotien le moins versé dans les affaires médicales aurait pu constater que la Mort allait vainquir.

- Je vous sais gré de m'accueillir chez vous."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eléïm
Gardien des clefs de l'Hoste
avatar

Cantidad de envíos : 278
Fecha de inscripción : 08/09/2006

MessageSujet: Re: [Archive RP] Un seul jour, deux crépuscules...   Dim 17 Sep 2006, 00:12

Posté le: Lun Aoû 14, 2006 9:50 pm

Elissa

Assise sur un coffre, face à son hôte, la baronne sourit, fatiguée.

-« Et je suis très heureuse de vous accueillir sous mon toit, mesme si je crains, hélas, de ne pouvoir vous faire meilleure figure. Mon cœur pleure vous vous en doutez, aussi j’ose espérer que vous pardonnerez ce regard éteint et ces traits tirés qui sont les miens. »

Se relevant, elle se dirigea vers un buffet de bois, si patiné qu’il brillait sous les pâles rayons du soleil, et trouva dessus un pichet en métal et deux timbales. Elle versa l’eau dans ces dernières. Le bruit du liquide coulant fut un léger bienfait pour elle, qui inspira fortement pour se donner le courage de sourire franchement et retourna face au jeune homme. Elle lui tendit l’une des timbales.


-« Votre voyage fut certainement épuisant, permettez-moi de vous indiquer dès maintenant la chambre qui sera vostre tant que vous le désirerez… Vous pourrez vous y mettre à l’aise, peut-estre changer de vesture si vous le souhaitez. »

Alors qu’elle se levait, derrière elle, elle entendit sa jeune fille crier de douleur à nouveau.

Elle se prostra sur un prie-dieu, près de la fenêtre. Les crampes de sa fille ne cessaient de se répéter, de plus en plus violentes. Elle entendait souvent la jeune fille se tordre et hurler de douleur, ses membres guidées par une force qui la dépassait. De grosses larmes s'écrasaient continuellement sur le velours du prie-dieu, coulant sur les bras nus de la mère en pleurs. Elle n'osait se retourner, regarder le lit auquel elle tournait le dos. Elle n'osait pas supporter en face le trépas futur et certain de sa fille. Quand toutefois elle n'y tint plus, elle sécha inutilement ses yeux vert pâle baignés de larmes et se leva péniblement. Alionor semblait tendre sa gorge vers le ciel, son ventre, comme si son coeur aspirait à gagner les nues. Cette vision acheva de troubler la baronne.

"Ainsi, mesme lorsque le tétanos frappe, il laisse certaine douce vision... Aristote, je vous en prie, accueillez-là en vostre paradis."

Les bras jetés en arrière, les pointes de pied tendues, crispées, un sinistre craquement se fit entendre. La pression des crampes était telle que les vertèbres se comprimaient, puis éclataient. Un homme d'Eglise était déjà venu, la veille, entendre les dernières prières de la jeune fille. La mère la regarda encore, et se jeta sur le côté du lit, alors qu'Henriette, la gouvernante, assistait au spectacle de la porte de la chambre.

Alionor se mourait. L'enfant rendit son dernier soupir dans cette position fort inconfortable, comme si elle avait voulu former un demi-cercle de son corps. Il serait impossible d'en changer... Tétanos. Tétanos. Aucune réponse à la lettre d'Elissa n'était parvenue d'Aragon. La fille du baron était morte, et lui n'en avait que faire. Rien, pas une réponse, pas un mot, pas une promesse. Elissa s'en arrachait les cheveux, et cria comme une folle. La gouvernante se précipita pour bercer la baronne dans ses bras. Celle-là s'agrippait, résistait, voulait crier encore, prier.


-"Va préparer mes robes blanches" demanda-t-elle à Henriette. "Je ne saurai paraistre d'une autre couleur, désormais."

En effet, le blanc symbolisait la mort. Les larmes ne coulaient plus, elle les avait épuisées. Finalement, vaincue par la folie du deuil et de toutes ces nuits passées à veiller sa fille, Elissa perdit connaissance, sous les yeux interdits de son hôte.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eléïm
Gardien des clefs de l'Hoste
avatar

Cantidad de envíos : 278
Fecha de inscripción : 08/09/2006

MessageSujet: Re: [Archive RP] Un seul jour, deux crépuscules...   Dim 17 Sep 2006, 00:13

Posté le: Lun Aoû 14, 2006 10:29 pm

Zagelle

Zagelle avait fait apporter une courte lettre pour Elissa quand elle avait appris la triste nouvelle. Elle connaissait peu la fille de son amie mais comprenait que le chagrin de la baronne devait être immense...


Zagelle a écrit:
Elissa, chère amie,

j'ai appris cette triste nouvelle qui vous frappe et je tenais à vous apporter mon soutien. Sachez que tout Carcassonne est à vos cotés et que vous ne serez jamais seule dans cete ville. Je sais combien il est dur de perdre un etre cher à son coeur, et vous me trouverez a vos cotés si vous le souhaitez.
Esperant vous revoir dans une période moins triste,

dame Zagelle
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eléïm
Gardien des clefs de l'Hoste
avatar

Cantidad de envíos : 278
Fecha de inscripción : 08/09/2006

MessageSujet: Re: [Archive RP] Un seul jour, deux crépuscules...   Dim 17 Sep 2006, 00:14

Posté le: Mar Aoû 22, 2006 7:04 pm

Elissa

Ce ne fut que quelques jours plus tard que la dame Zagelle reçut réponse - une bien courte réponse.


Elissa a écrit:
Ma dame, chère amie,

Je vous remercie de vous associer à mon deuil. Ma douleur est grande, mais la reconnaissance que vous me témoignez me touche.

Qu'Aristote vous garde, vous et les votres.

Elissa de V.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eléïm
Gardien des clefs de l'Hoste
avatar

Cantidad de envíos : 278
Fecha de inscripción : 08/09/2006

MessageSujet: Re: [Archive RP] Un seul jour, deux crépuscules...   Dim 17 Sep 2006, 00:14

Posté le: Mar Aoû 29, 2006 3:23 am

Eléïm

Eléïm avait suivi la scène, incrédule. Quand la Baronne bascula sur son côté droit, il dût bien sortir de cet état passif. Heureusement elle n'encheoit pas comme une masse. Telle une plume qu'on jette en l'air, elle vacilla et chût doucement, comme un bateau sombre dans l'aigue, comme si on-ne-sait-quoi la retenait, un ultime et faible sursaut de courage, de force, de volonté de se battre. Se battre contre la Mort, c'était vain, elle semblait désormais lutter contre son naufrage dans les abismes de la désespérance, de l'oubli de soi. Elle chancela donc doucement et Eléïm fust capable de reprendre ses esprits et de la rattraper. Il la déposa doucement sur quelques coussins et fit appeler un médecin.

En l'attendant, Eléïm ne sut trop que faire, il commença par déserrer son corset - autant que la décence lui permettait-, puis il fit apporter un linge imbibé d'eau qu'il passa lui même sur le front de la Baronne. Eléïm pensait, en regardant alternativement la jeune femme et sa fille, que Tanathos et Tétanos, étaient deux mots se ressemblant étrangement et qui ne touchaient pas qu'une seule âme à la fois. Il pensa aussi à l'enfant qu'attendait Dame Elissa.

Le praticien arriva bien vite, il sût rapidement la mettre dans les conditions nécessaires à une reprise de connaissance. Elle réussit à s'arracher des ténèbres mais retomba vite dans un sommeil profond. Elle délirait et avait beaucoup de fièvre.

Pendant plusieurs jours, Eléïm tourna en rond, il restait bien souvent au chevet de la douce alitée, mais sa vue l'emplissait d'un profond malaise. Parfois il se promenait dans la belle Cité... Quelques jours furent nécessaires à la Baronne avant qu'elle ne fust apte à se mettre debout.

On décida dès lors de rendre les derniers honneurs à sa fille et de la mettre en bière.
L'enterrement fust bien triste: peu de personnes y assistèrent, la Baronne, des proches de la famille, quelques officiels... Le beau temps semblait à tous un outrage au vu de la situation.

Les jours passèrent, quelquefois Eléïm réussit à faire apparaître un sourire sur les lèvres de la Baronne. Il restait avec elle, et sans vouloir être prétentieux, il pensait qu'elle ne supporterait pas la solitude en ces jours funestes.

Eléïm, en ces mesmes jours, se rapprocha d'Aristote: il le priait chaque matin pour le Salut d'Alionor ainsi que chaque soir pour qu'Elissa retrouve la joie.
Il faudrait sûrement bientôt qu'il fust baptisé, tant dans la douleur, il avait vu en Lui un Sauveur.

Malgré quelques moments heureux, il sentait bien que quelque malaise incurable rongerait l'âme de l'encore - malgré le déchaînement du sort contre sa famille qui semblait damnée - belle jeune femme jusqu'à ce qu'à son tour, la Mort ne la prenne.


[Suite]


Dernière édition par le Sam 07 Oct 2006, 23:10, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eléïm
Gardien des clefs de l'Hoste
avatar

Cantidad de envíos : 278
Fecha de inscripción : 08/09/2006

MessageSujet: Re: [Archive RP] Un seul jour, deux crépuscules...   Dim 17 Sep 2006, 00:18

Posté le: Mer Aoû 30, 2006 2:30 am

Elissa

Les jours s'écoulèrent, la douleur se fit plus diffuse. Elle s'estompait, sans jamais toutefois disparaître entièrement. Elissa, qui avait apprit par une autre lettre de son époux, toujours aussi amoureuse, qu'elle était désormais Comtesse d'Urgel, se rendait encore à Montpellier, où elle ne rendait plus la justice mais où elle conseillait et guidait encore en partie le Comté, car elle avait été élue pour cela et n'avait rien plus en horreur que de manquer à son devoir.

Un jour vint où, alors que le sire Eléïm n'était pas à ses côtés, sans doute parti en ville ou se reposant dans sa chambre, elle ressortit d'une malle les nombreux brouillons de lettres qu'elle avait envoyées, du moins certaines, et d'autres qu'elle avait reçues.

Au hasard de ses lectures nostalgiques, elle tombait sur quelque lettre qui, plus qu'une autre, reflétait sa vie passée, ses semblances et ses différences d'avec l'actuelle.


"J’espère qu’un jour, nous nous retrouverons, la vie est trop courte et la mienne semble chaque jour plus ardue. Il y a des jours où je suis lasse de me montrer forte, des jours où je voudrais pleurer toute ma rage, toute ma haine envers ces trop nombreuses personnes qui me tourmentent d’une manière plus ou moins intentionnelle.
Mon époux a quitté l’Hostel des Malpertuis, comme un voleur, il y a deux jours déjà. Je suis seule dans la bâtisse, et quelque doute morbide m’assaille. Et s’il ne revenait pas avant le terme de ma grossesse ? Et si j’y perdais la vie ? Basilus, le médecin, m’a confié qu’une femme sur dix perdait la vie en la donnant. Il m’a dit qu’il était très fréquent d’attraper un mal à ce moment, et d’en mourir par la suite. Moi qui ne m’en était pas inquiétée lorsque j’avais porté Alionor, voilà que tout me tourmente…"
(lettre à Winona, février)

Le souvenir de la naissance de sa fille aînée lui revint en mémoire. C'était à Bélinay, en Auvergne, dans le castel qui était désormais propriété de son fils. Le baron allait et venait entre la chambre et le couloir, angoissé par l'évènement, souhaitant plus que tout un mâle... Le regard paternel bouffi de tendresse lorsqu'il découvrit le charmant minois de sa fille, l'enthousiasme de son frère, Amédée, qui devait devenir le parrain, et l'arrivée de la dame Lhise de Tapiolie, la marraine, de sa tante la Vicomtesse du Pays d'Arroux et de son fiancé le baron de Chablis, tout cela dansait dans son esprit.

Une autre lettre bondit dans ses mains.


"...et même sans tous ses habitants qui me sont également chers, je ne saurai rester de marbre au souvenir de ses hautes murailles et de sa rue de Cers, où se dresse encor l'Hostel de Malpertuis, clos, mais porteur de l'espoir qu'un jour, peut-être, j'y retournerai. Espoir nul, au demeurant, mais qui fait vivre, car jamais je n'y retournerai."

Elle sourit, tristement, à ces mots, ce ton catégorique. Elle n'avait pas pu. Elle aimait trop le Languedoc... Pourtant la suite de la lettre lui rappela les souffrances qu'elle avait traversées, dans ce Comté si cher.

"Le Languedoc me semble pourri, avarié, comme un fruit qui aurait mérité qu'on croque dedans à pleines dents mais qui serait resté au fond de son cageot car le maraîcher n'aurait pas su lui reconnaître cette valeur. Si vous me savez au Puy, ce que je vous confirme, c'est que malgré tout et en toute circonstance c'est l'espoir qui m'anime, et je veux encore croire que l'on peut faire quelque chose de bon pour le Languedoc. Quand mes amis là bas m'y rappelèrent, me pressant de les rejoindre, de les aider, de les soutenir dans leur volonté d'en faire un Comté respectable, j'ai failli : j'ai rompu la promesse que je m'étais faite de ne jamais plus faire de politique, cette politique qui m'a tant fait souffrir.
Je me mens à moi-même, et voudrais quitter cette scène, mais j'y suis encor trop profondément ancrée. Pardon..."

Elle chercha, un moment, la lettre à laquelle elle répondait, et ne la trouvant pas, maudissant son désordre, elle acheva sa lecture.

"Mais vos mots me troublent... S'il ne vous reste pas d'amis, que vaut votre vie ? Vous reste-t-il au moins l'espoir ?

Le mien est incarné en mes enfants vivants, désormais au nombre de trois..."
(lettre à Jetto)

Elle se rappela le pauvre enfant décédé à sa naissance, petit corps mort dont elle n'avait pu tirer aucun souffle. Elle eut à l'esprit sa grande fille qu'on était sur le point de marier lorsque... Ses enfants vivants, désormais au nombre de deux. Ses longues amitiés défilaient sous ses yeux, tandis qu'elle parcourait les parchemins tachés d'encre.

"On prend goût aux voyages. J’étais profondément sédentaire et ma nostalgie en est témoin ; cependant, c’est comme une impulsion qui vous prend, un hameçon accroché à notre cœur qui chaque jour nous tire vers le bout de la ligne, à travers les monts et les vaux. Je remonte le fil, et ne passe pas deux fois au même endroit… C’est ma fuite, comme je l’appelle. C’est un besoin de changer d’horizon, de rencontrer de nouvelles personnes, de me prouver à moi-même ma valeur… Une volonté de défis, d’aventure, moi qui suis femme et qui devrais rester en place et me contenter de mon devoir d’épouse : transmettre mon sang, donner la vie à mon seigneur et époux.
Ce monde est bien plus libertin qu’il ne devrait, et pourtant… Ma fuite perpétuelle n’est pas un abandon, je pense toujours autant à chacun de mes amis, j’en retrouve parfois que j’avais perdus de vue depuis des mois, des années. Sans doute ont-ils pu mal interpréter mon départ, mes départs, qui ne sont en fait que l’accomplissement de ma volonté de liberté. Si derrière moi je laisse des ruptures, si je romps moi-même avec ma vie, c’est pour mieux renaître… C’est pour mieux mourir."

Elle frissonna quand elle lut ce mot, et se signa. Comment avait-elle pu écrire une telle chose, comment avoir souhaité mourir, que ce soit bien ou non... On ne souhaite pas ce genre de choses. Les lèvres tremblantes, elle poursuivit :


"Si vous voulez des nouvelles de ma famille, je me ferai une joie de vous en donner ! [...] La petite Alionor a bien grandi, tant de corps que d’esprit. Elle va avoir dix ans, vous savez ! Cela ne me rajeunit pas… Le temps est bien relatif, ne trouvez-vous pas ? Je ne doute pas qu’à Aurillac, vous soyez tous restés tels que je vous connaissais, comme si le temps n’avait passé que très lentement… Et je porte à nouveau un enfant, qui, je l’espère, sera un bel héritier pour mon époux. Quant à Amédée, il m’a parlé de vos lettres…"

Pourquoi les morts se faisaient-ils un devoir de resurgir à chaque détour de phrase ? N'avait-elle qu'eux dans son entourage ? Pourquoi vivre, alors, si tous sont passés de l'autre côté ? Encore une fois, elle tressaillit et demanda pardon à Aristote avant d'aller plus avant dans la missive.

"On me dit souvent, en politique, que je suis trop gentille, trop généreuse, trop clémente… Je ne savais pas comment le prendre, mais pas moins mal que lorsqu’au contraire on m’accusait d’être de glace. Y a-t-il un juste milieu, peut-on mêler philanthropie et misanthropie pour moins souffrir ? Car finalement, à trop aimer, on souffre de n’avoir rien en retour, et à détester le monde, on finit seul, honni et malheureux. Que vaut-il mieux ?

Je me surprends parfois à vouloir mourir ignorée et misérable… Pour ne rien regretter en quittant ce monde, pour partir la bourse vide, mais le cœur lourd de tout un mal infernal. Pour que la mort soit une délivrance. Néanmoins, même lorsqu’on n’a rien, lorsque même le Très Haut n’écoute plus nos prières, ne nous reste-t-il pas l’Espoir ? La seule chose que Pandore n’ait pas laissé s’échapper de la boîte…

Mes divagations lugubres ne sont peut-être pas à votre goût, et je m’en excuse. Au bonheur de retrouver un ami se substitue le malheur de sombres pensées…"
(lettre à Jetto, janvier)

Ce fut trop pour son coeur fatigué. Les larmes roulant sur ses joues, elle rangea toutes les lettres, dont beaucoup restaient à lire, et rédigea son testament dans un effort colossal pour se maîtriser.

"Au nom de Dieu, d’Aristote son fils, de Christos son prophète, moi, Elissa Marianne Geneviève de Volpilhat, née Corteis, rédige ce samedi, le vingtsixième des ides du mois d’aoust de l’an de Pasques mil quatre cent cinquante quatre, mon testament.
Déclarant estre en pleine possession de ma conscience et de mes facultés d’entendement, je souhaite faire de ma fille seconde née et seule encore vivante, Marguerite Charlotte Victorine de Volpilhat, mon héritière légitime concernant mes biens matériels.
S’il plaist à Dieu que je sois rappelée à lui avant elle, elle hériterait du titre de demoiselle d’Hermeline, titre que j’avais transmis à Alionor Lhise Amédée de Volpilhat ma feue fille aisnée, en dot, avant qu’il ne me revienne à sa mort le lundi septième d’aoust de l’an de Pasques mil quatre cent cinquante quatre, titre qui me venait de feu mon père, le chevalier d’Hermeline, qui le tenait lui-mesme de ses ancestres.
Elle hériterait de toute ma garde-robe ainsi que de tous mes bijoux. Mes autres biens, eux, reviendraient à mon fils aisné Reginhart Ferreol Raphael de Volpilhat, seigneur de Bélinay.
Si, d’ici à mon trépas, je venais à obtenir en remerciements de mes services ou pour tout autre chose un ou plusieurs fiefs, je laisse à Jehan de Volpilhat, mon époux devant Aristote et les hommes, le soin de juger ce qu’il convient d’en faire.
Afin que cela soit chose établie, le présent testament a été rédigé sous le regard d’Ayla d’Appérault, Vicomtesse de Melun, Baronne de Donnemarie, héraut ès généalogie, en le Scriptorium de Saint-Anthoine, à Paris, et mon sceau a été appliqué au bas dudit document.

Elissa de Volpilhat,
Comtesse d'Urgel
Baronne de Malpertuis,
Dame d’Hermeline"

Le coeur vibrant, elle fit lécher son bâtonnet de cire verte par la flamme de sa chandelle, ôta sa bague et l'appuya au bas du document.




Puis elle griffonna un mot à l'attention de la dame Ayla, lui indiquant qu'elle se rendrait prochainement à Paris pour confirmer les dernières lignes du document, et fit appeler un messager pour porter prestement la lettre à Donnemarie.


Dernière édition par le Sam 07 Oct 2006, 22:52, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eléïm
Gardien des clefs de l'Hoste
avatar

Cantidad de envíos : 278
Fecha de inscripción : 08/09/2006

MessageSujet: Re: [Archive RP] Un seul jour, deux crépuscules...   Dim 17 Sep 2006, 00:20

Posté le: Dim Sep 03, 2006 3:22 pm

Eléïm

Eléïm, dans la semaine précédant le Carnaval de Carcassonne, avait partagé son temps entre la préparation de la pièce de théâtre adaptée d'un épisode du Roman de Renart avec Dame Dratus et les moments vécus, plus ou moins jolifs, avec la Baronne. Il avait eu beaucoup de faceon.

Ce jour du 26 Août 1454, il s'en était allé au bargain de Carcassonne. Après avoir rempli un panier de porveance -encore peu rôdé à la vie de Baron, il rechignait toujours à envoyer la bonne-, il rentra au château.

Désireux d'annoncer à la gouvernante qu'il arrivait avec des vivres, il la chercha dans tout l' hostel. Ne la trouvant pas aux premiers étages, il monta jusqu'au grenier. C'était une pièce assez sombre: afin d'éviter au maximum l'impôt sur les portes et fenêtres -qui ajouté aux trois autres contributions établies par la Constituante (foncière, mobilière et patente), grossissait beaucoup le montant de la taxe-, on n'avait point percé d'ouverture pour cette mélancolique mansarde qui servait peu.

Le chandellier avait été posé sur une vieille chaise, il illuminait le visage d'Elissa, ainsi que tout le mobilier l'entourant : coffres, tables de chevet, guéridons...

Elle était là, assise sur un coussin que surmontait un vieux coffre, en train de gratter le parchemin de sa plume. De nombreuses lettres l'entouraient, quelques unes scintillaient, certainement d'une larme nostalgique perdue. Ses joues blanches luisaient également à la lumière de la flamme.

Il resta quelques secondes à l'observer, toute qu'elle était à sa missive. Puis il la vit lever le cap et lui sourire. Il lui répondit du même mouvement des lèvres. Puis il ajouta d'une voix qu'il voulût douce:


Bonjour Elissa, que faites-vous là, vous itiez?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eléïm
Gardien des clefs de l'Hoste
avatar

Cantidad de envíos : 278
Fecha de inscripción : 08/09/2006

MessageSujet: Re: [Archive RP] Un seul jour, deux crépuscules...   Dim 17 Sep 2006, 00:20

Posté le: Dim Sep 03, 2006 3:45 pm

Elissa

La Comtesse plia le papier sur lequel elle écrivait, prit le temps de ranger les lettres qu'elle relisait sans cesse depuis des jours et se leva, penchant la tête pour ne pas se cogner aux poutres apparentes qui soutenaient la toiture. Elle s'approcha de son ami, et lui prit les mains. Elle parla ensuite d'une voix basse mais résolue.

-"Cher Eléïm... Je vais partir. Il me reste une semaine pour arranger mes affaires et saluer mes amis. Je me rends à l'abbaye Saint-Felix de Montceau, dans la Gardiole. Le baron Jub est déjà prévenu, il m'accueille volontiers.

Cela signifie pour vous la fin de votre séjour ici, veuillez m'excuser. J'aurais voulu vous prouver ma reconnaissance, pour votre soutien, votre amitié."

Elle embrassa le front du jeune homme et quitta la pièce, fuyant toute réponse à cette déclaration.
La semaine passa... Tous deux se rendant fréquemment au Carnaval de Carcassonne, très affairés, ne se croisèrent que peu à l'Hostel. Quand Elissa n'apparaissait pas au Carnaval, elle donnait des ordres pour préparer ses malles ou écrivait à la mère supérieure de l'Abbaye. Au Carnaval, elle finit par retrouver Eléïm et tous deux ne parlèrent nullement de son départ, comme s'il s'agissait d'un secret qu'il vallait mieux oublier. Le dimanche arriva... La fin du Carnaval.

Perché en haut des murailles de la cité de Carcassonne, Elissa regardait les premiers rayons du soleil chatouiller les flots de la rivière en contrebas. Quelques légères bourrasques de vent faisaient, de temps à autre, voler sa chevelure et les rubans qu'elle y avait noués.
L'aube se levait sur l'Aude. Un coq chantait dans la basse ville.
Lentement, le char de Lucifer dans le ciel entama sa course, et la lumière se fit plus soutenue. La Comtesse passa une main sur son ventre, geste qui lui était devenu fréquent. Elle aimerait qu'il naisse à Carcassonne, mais rien n'était moins certain. Pourrait-elle revenir, et revenir à temps pour qu'il ouvre les yeux sur cette cité et non sur la campagne infinie ? Un soupir se perdit dans le vent. Elle resta quelques temps encore à observer le paysage, puis lorsque la rumeur de la ville s'éveillant lui parvint, elle estima qu'il était temps de retourner une dernière fois chez elle, rue de Cers. D'un pas lent, presque à contrecoeur, elle retrouva la rue, et le nez en l'air, elle tenta de saisir une dernière fois l'atmosphère de la ville, ses briques, ses cris, ses odeurs. Elle croisa quelques connaissances, qu'elle salua d'un sourire, d'un léger signe de tête et parfois d'un mot. Il n'y avait rien de plus à dire... Elle n'avait guère de temps à user en bavadages, et ne souhaitait inquiéter personne : elle ne se sentait pas la force de lutter contre les questions et les arguments de ses amis.

Arrivée à l'Hostel des Malpertuis, elle leva la tête et embrassa la bâtisse du regard, puis poussa la porte.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eléïm
Gardien des clefs de l'Hoste
avatar

Cantidad de envíos : 278
Fecha de inscripción : 08/09/2006

MessageSujet: Re: [Archive RP] Un seul jour, deux crépuscules...   Dim 17 Sep 2006, 00:21

Posté le: Dim Sep 03, 2006 3:52 pm

Margot

Un petit cri la surprit, et avant d'avoir compris ce qui arrivait, un petit corps vint se presser contre elle. Elle reconnut la blondeur de sa fille qui, à sept ans, déjà éveillée au monde, gardait un coeur tendre et sentimental. La jeune demoiselle leva les yeux vers sa mère, ils étaient baignés de larmes.


-"Mère, je ne veux pas que vous partiez !"
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eléïm
Gardien des clefs de l'Hoste
avatar

Cantidad de envíos : 278
Fecha de inscripción : 08/09/2006

MessageSujet: Re: [Archive RP] Un seul jour, deux crépuscules...   Dim 17 Sep 2006, 00:21

Posté le: Dim Sep 03, 2006 3:53 pm

Elissa

Elissa s'agenouilla au niveau de sa fille. Elle la serra contre elle et répondit :

-"Ma chérie, ce choix je l'ai fait bien à contrecoeur, tu le sais... La mort de ta soeur... Ton père n'est pas rentré depuis si longtemps... Je sais, il a beaucoup de travail, et ses lettres le rappellent chaque fois, ainsi que son amour, mais..."

Elle déglutit et poursuivit.


-"Je suis très fatiguée. Je ne veux pas perdre la vie à cause de cette fatigue, et surtout si c'est en la donnant à l'enfant que je porte. Je ne peux rester ici, sans ton père, avec tous ces amis qui me sont chers mais que je crains d'aimer plus que je ne devrais."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eléïm
Gardien des clefs de l'Hoste
avatar

Cantidad de envíos : 278
Fecha de inscripción : 08/09/2006

MessageSujet: Re: [Archive RP] Un seul jour, deux crépuscules...   Dim 17 Sep 2006, 00:23

Posté le: Dim Sep 03, 2006 3:55 pm

Margot

Margot resta un instant silencieuse à jouer avec les boucles rousses de sa mère puis, ses yeux candides tournés vers Elissa, elle demanda :


-"Mère, aimez-vous un autre homme que mon père ?"
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eléïm
Gardien des clefs de l'Hoste
avatar

Cantidad de envíos : 278
Fecha de inscripción : 08/09/2006

MessageSujet: Re: [Archive RP] Un seul jour, deux crépuscules...   Dim 17 Sep 2006, 00:23

Posté le: Dim Sep 03, 2006 3:56 pm

Margot

Les joues de la Comtesse s'empourprèrent, tant de gêne que de colère. Elle répondit d'un ton ferme :

-"Ma chérie, ces questions ne se posent pas, c'est inconvenant."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eléïm
Gardien des clefs de l'Hoste
avatar

Cantidad de envíos : 278
Fecha de inscripción : 08/09/2006

MessageSujet: Re: [Archive RP] Un seul jour, deux crépuscules...   Dim 17 Sep 2006, 00:24

Posté le: Dim Sep 03, 2006 3:57 pm

Margot

Mais Margot insistait, au risque de provoquer l'ire d'Elissa.

-"Mais vous êtes ma mère... Vous n'êtes pas une étrangère. Aimez-vous un autre homme que mon père ?"
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eléïm
Gardien des clefs de l'Hoste
avatar

Cantidad de envíos : 278
Fecha de inscripción : 08/09/2006

MessageSujet: Re: [Archive RP] Un seul jour, deux crépuscules...   Dim 17 Sep 2006, 00:28

Posté le: Dim Sep 03, 2006 3:57 pm

Elissa

Soupirant devant l'obstination de sa fille, la Comtesse se résigna :


-"Je n'en ai pas le droit, ma chérie, tu le sais, je te l'ai appris. Tu ne peux avoir dans ta vie d'autre homme que celui que tu épouseras, qui te déflorera, et à moins que tu ne lui survives, tu ne pourras chercher à en aimer un autre."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eléïm
Gardien des clefs de l'Hoste
avatar

Cantidad de envíos : 278
Fecha de inscripción : 08/09/2006

MessageSujet: Re: [Archive RP] Un seul jour, deux crépuscules...   Dim 17 Sep 2006, 00:29

Posté le: Dim Sep 03, 2006 4:00 pm

Margot

La toute jeune fille rumina ces paroles, alors qu'elles restaient toutes deux enlacées, devant la porte, à proximité des nombreuses malles qu'on avait entassées là et que Gros Guillaume et le Paulet venaient chercher une à une pour les porter dans la charette. Puis elle relança la conversation :

-"Pourtant, mère, je croyais qu'on ne pouvait choisir de tomber amoureux, que cela était un don d'Aristote pour mettre à l'épreuve notre foi... Mère, penser, c'est faire, et l'adultère est un péché aux yeux de Notre Seigneur." reprocha-t-elle à demis mots.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eléïm
Gardien des clefs de l'Hoste
avatar

Cantidad de envíos : 278
Fecha de inscripción : 08/09/2006

MessageSujet: Re: [Archive RP] Un seul jour, deux crépuscules...   Dim 17 Sep 2006, 00:30

Posté le: Dim Sep 03, 2006 4:13 pm

Eléïm

Eléïm avait choisi de dire au revoir à la Baronne. Lorsqu'il arriva il vit deux hommes qui s'affairaient à charger les bagages de celle-ci dans la charette. Il vit aussi une jeune fille blonde très occupée à converser avec sa jolie Baronne de mère. Il s'approcha d'elles et répondit à Margot en s'agenouillant pour se mettre à sa hauteur:

"Tu es très maligne ma chère Margot, et je vois que tu es bien instruite des liens entre Aristote, l'Amour et ses transports. Mais cesse donc là d'importuner ta mère : si elle a quelque chose à se reprocher, ce dont je doute, ce n'est pas à toi qu'elle doit le confesser mais à un prêtre. Allez, va jouer, nous avons à discuter."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eléïm
Gardien des clefs de l'Hoste
avatar

Cantidad de envíos : 278
Fecha de inscripción : 08/09/2006

MessageSujet: Re: [Archive RP] Un seul jour, deux crépuscules...   Dim 17 Sep 2006, 00:31

Posté le: Dim Sep 03, 2006 4:27 pm

Margot

La petite Margot ne l'entendait pas ainsi. Elle fronça les sourcils et tint tête au jeune homme :


-"Mère va partir, alors je reste jusqu'à son départ. J'accepte de ne plus la questionner sur ses amants, mais vous ne me la volerez pas le jour de son départ."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eléïm
Gardien des clefs de l'Hoste
avatar

Cantidad de envíos : 278
Fecha de inscripción : 08/09/2006

MessageSujet: Re: [Archive RP] Un seul jour, deux crépuscules...   Dim 17 Sep 2006, 00:31

Posté le: Dim Sep 03, 2006 5:20 pm

Elissa

La Comtesse regarda ces deux êtres chers s'affronter, puis posa ses lèvres tremblantes sur le front de sa fille dont l'esprit l'étonnait et l'effrayait presque, avant de conclure :

-"C'est la raison pour laquelle je m'en vais, ma chérie. Je veux échaper à toute possibilité d'aimer un seul homme, même malgré moi."

Elle prononça ces derniers mots avec insistance.

-"Je dois me ressourcer, je dois me préparer à enfanter, et je veux trouver la paix intérieure que je ne parviens pas à découvrir en moi, car je foule trop souvent ces lieux où ta soeur a vécu, qui me tourmentent. Henriette restera pour veiller sur toi, ma toute petite. Je vais te confier la garde du titre de damoiselle d'Hermeline. Je le tiens de mes ancêtres, t'ai-je raconté cette histoire ?"

Et comme sa fille hochait la tête en signe de négation, elle expliqua aux oreilles attentives de sa fille et sans doute d'Eléïm :


-"Je crois t'avoir dit que je m'appelais, avant mes noces, Elissa Corteis. Cette famille est véritablement née lorsque nous avons acquis nos lettres de noblesse. C'était en douze cent et un an après Christos... Mon ancêtre, Godefroy Charles Corteis, était le fils d'un drapier. Il avait obtenu d'apprendre le maniement des armes et l'équitation. Il avait dix-sept printemps quand le vicomte sur les terres duquel il vivait se querella avec le duc voisin. Il entreprit alors de monter un régiment pour marcher sur ce duché, et afin de s'assurer la fidélité de ses hommes, il les arma chevaliers. Godefroy était de ceux-là. Il leur remit à chacun une motte de terre en guise de fief et un titre, en échange de leur loyauté. Mon ancêtre, qui à cette époque était désespérément épris d'une jeune noble aux nombreux talents prénommée Hermeline, choisit ce nom comme titre, et choisit les hermines et la lyre d'or comme armes, afin de vanter partout la noblesse et les qualités de cette jeune femme..."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eléïm
Gardien des clefs de l'Hoste
avatar

Cantidad de envíos : 278
Fecha de inscripción : 08/09/2006

MessageSujet: Re: [Archive RP] Un seul jour, deux crépuscules...   Dim 17 Sep 2006, 00:32

Posté le: Dim Sep 03, 2006 5:22 pm

Margot

Margot s'était finalement assise dans l'un des fauteuils que l'on trouvait dans le grand hall. Attentive, captivée, elle demandait des détails, avide de ces histoires qui semblent à cheval entre le mythe et la réalité.


-"A-t-il finalement épousé la demoiselle Hermeline, mère ?"
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eléïm
Gardien des clefs de l'Hoste
avatar

Cantidad de envíos : 278
Fecha de inscripción : 08/09/2006

MessageSujet: Re: [Archive RP] Un seul jour, deux crépuscules...   Dim 17 Sep 2006, 00:32

Posté le: Dim Sep 03, 2006 5:23 pm

Elissa

Elissa eut un léger balancement de la tête de droite à gauche quand elle répondit :


-"Non, ma toute douce... La demoiselle Hermeline était promise à un autre, et même n'aimait pas particulièrement Godefroy. Finalement, deux ans plus tard, il épousa Hermengarde Dessagnes, qui avait alors quatorze ans."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Eléïm
Gardien des clefs de l'Hoste
avatar

Cantidad de envíos : 278
Fecha de inscripción : 08/09/2006

MessageSujet: Re: [Archive RP] Un seul jour, deux crépuscules...   Dim 17 Sep 2006, 00:33

Posté le: Dim Sep 03, 2006 5:28 pm

Margot

-"C'était une roturière, mère ?"
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: [Archive RP] Un seul jour, deux crépuscules...   

Revenir en haut Aller en bas
 
[Archive RP] Un seul jour, deux crépuscules...
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 3Aller à la page : Précédent  1, 2, 3  Suivant
 Sujets similaires
-
» Noël est le seul jour de l'année où les hommes se conduisent comme les oies du Périgord, mais sans se forcer. | Willow & Kassim & Zohra
» Seul à la cafétéria, en fait, presque seul. A deux tout seul. Feat Adam et Caracole
» Seul est digne de la vie celui qui chaque jour part pour elle au combat [Pv: Fiora, Atios]
» "L’amitié, c’est un seul esprit dans deux corps." [Pv. Calypso]
» Deux âmes perdues sur les falaises. [Nagate SEUL]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Famille de Volpilhat - Familia de Volpilhat :: Fiefs des Volpilhat - Feudos de los de Volpilhat :: L'Hostel des Malpertuis :: Dans l'Hostel :: La bibliothèque-
Sauter vers: