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| | | Une première visite du Seigneur de Saint-Dionisy | |
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| Autor | Mensaje |
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Actarius d'Euphor

Cantidad de envíos: 11 Fecha de inscripción: 27/08/2008
 | Tema: Re: Une première visite du Seigneur de Saint-Dionisy Jue 02 Oct 2008, 00:38 | |
| Il se dégageait un charme indéniable de la jeune soeur de Marguerite, un charisme particulier où se côtoyaient innocence et rêve, pureté et curiosité. Le caractère, qui se dévoilait à lui au fur et à mesure des échanges, avait quelque chose d'envoûtant, de mystérieux, quelque chose d'attendrissant, d'attirant. Sourire aux lèvres, il pensa à son épouse qui aurait tressailli de jalousie devant cette scène...L'aligot est un plat typique de Mende, un repas solide à base de fromage fondu, de crème servi avec du pain et de la saucisse. Une nourriture pour le moins consistante...Cette précision donnée, Catalina lui lâcha le bras et courut vers la dame de compagnie. Pour sûr, elle les accompagnerait. Alors qu'il observait la demoiselle, Actarius se fit surprendre par sa suzeraine... Légèrement prit de cours, il posa finalement son regard sur elle.Parfait ! Je chevaucherai à vos côtés pour cette épopée. Mais il me faudra prendre garde, plus d'un homme a souffert d'avoir cherché les secrets de Dyonisos... Sur ces paroles, qui l'avaient ramené à quelques vieilles légendes païennes, sombres histoires de castration, le Seigneur aida sa suzeraine, puis Catalina à grimper dans la calèche d'une main bienveillante, puis se hissa lui-même sur sa monture.Mesdames, je vous suis et surtout vous écoute, j'ai tout à découvrir ici._________________  |
|  | | Marguerite Maîtresse de maison

Cantidad de envíos: 595 Fecha de inscripción: 09/09/2006
 | Tema: Re: Une première visite du Seigneur de Saint-Dionisy Lun 06 Oct 2008, 04:03 | |
| La main d'Actarius était la bienvenue, car Marguerite restait encore dans le vague de la frayeur qu'elle s'était faite avec Jacques. Cher, tendre Jacques ! et assise dans la calèche, son cœur vibra à l'élan du Sénher Actarius :-"Mesdames, je vous suis et surtout vous écoute, j'ai tout à découvrir ici."Alors que Catalina avait du mal à contenir le frétillement qui accompagnait tout début de voyage, un léger rire s'échappa de la gorge de Marguerite :-"Il y aura plus à voir qu'à savoir, Sénher, et plus à donner qu'à prendre sur cette terre : c'est vous qui ferez son histoire et son nom, et je prie que l'on ne puisse un jour le dissocier du vôtre !"Et c'est sur ces mots qu'ils franchirent les grilles qui marquaient l'enceinte du vieux château à deux donjons de Guillaume de Nogaret. La route descendait sur le flanc du roc, et traversa la petite ville de Cauvisson, dans laquelle s'agitaient la vie et les poules, où l'on entendait quelque femme tancer son petit, ou quelque crieur agiter sa clochette. Le regard de la Vicomtesse était attentif, chaque fois qu'il se posait sur les murs de cette ville. Ils ne lui appartenaient pas, car bon nombre de Cauvissonnais étaient des hommes libres, mais elle était la garante de leur justice, et de la gestion générale de la ville... Elle veillait sur eux comme sur de bons neveux aimants ; et c'eussent bien été là les seuls neveux qu'elle devait jamais avoir. Puis ils sortirent de l'enceinte de la ville, au milieu des vignes et des champs de blé. Il n'y avait pas, de ce côté-là, d'oliviers, quoiqu'ils dussent en retrouver à leur arrivée à Saint-Dionisy, qui n'avait pas un tel blason pour rien. Ils tournaient le dos au soleil, et allaient d'un bon train, même s'il arrivait que Marguerite arrêtât le Paulet, comme elle le fit lorsqu'ils en furent à traverser le Rhôny. Elle descendit même de calèche, pour s'appuyer sur le rebord du pont.-"Quand je n'étais pas encore mariée, quand je portais le blanc tous les jours... Je venais parfois sous bon chaperon me baigner, l'été, dans ce Rhôny, Sénher... Ce Rhôny a creusé la Vaunage, et l'on se croit ici comme au milieu d'une grande assiette creuse ; et si à Vergèze on élevait un grand mur, sans doute le Rhôny nous noierait-il tous bientôt, et il faudrait se réfugier sur les hauts de Saint-Dionisy, voire même au sommet de la Roque de Viou... Les bords de la Vaunage sont aussi abrupts que sa plaine est tendre, voyez... Et c'est le Rhôny qui en fait une vallée. Vous savez... Vaunage, c'est Valnage, comme Cauvisson est Calvisson, ou Malpertuis est Mauperthuis... Le Val de Nages, le Val d'Anages, Valanages, et que sais-je..."Elle tourna la tête vers lui, levant un peu les yeux pour le voir, près de son épaule :-"Anages est plus loin, là bas, un peu au sud-est, accolée à Serorgues. J'ai hésité à vous en faire le seigneur, c'est une belle terre - comme tout, en Vaunage ! - C'est juste au sud de la Roque de Viou, et Saint-Dionisy au Nord... Mais j'ai assez de respect pour vous pour ne pas vous faire le Seigneur des ravis de la crêche... "Elle étouffa un rire qui aurait presque paru taquin.-"C'est ainsi qu'on les appelle, ceux d'Anages-et-Serorgues, hi Badau... Mais j'aime Anages, même si je m'en ris. Sans Anages, il n'y aurait pas de Vaunage, pas de marguerites dans les prés, sans Anages, il n'y aurait pas Saint-Dionisy... Et si je parlais de Dyonisos, tantôt, au sujet de Saint-Dionisy, c'est que cette terre n'est sans doute pas si pieuse que sa maîtresse ! Anages, et la Vaunage même, on dit par ici que ça vient d'Anagia, une déesse des Sources... Les sources..."Et pensive, Marguerite écoutait le ruissellement de l'eau et regardait les flaques de lumière danser à sa surface. Oui, la Vaunage était sa source. |
|  | | Actarius d'Euphor

Cantidad de envíos: 11 Fecha de inscripción: 27/08/2008
 | Tema: Re: Une première visite du Seigneur de Saint-Dionisy Dom 19 Oct 2008, 18:24 | |
| Le voyage initiatique commençait. Le cortège s'engouffrait au fur et à mesure du trot des chevaux dans l'esprit, le coeur de la Vaunage. Le jeune Seigneur de Saint-Dionisy écoutait avec attention la moindre des paroles de sa suzeraine et guide de qualité. Chacune des variations de sa voix le familiarisait un peu plus avec l'âme de la région. Le regard d'Actarius se perdait sur le cours, ruisselant encore de soleil, du Rhôny, il suivait les contours du paysage au fil des explications de Marguerite. Il s'arrêta sur ce petit sommet, cette Roque de Viou, derrière laquelle le destin d'une terre s'offrait à lui.
Bien des questions lui venaient à l'esprit, mais il préférait les garder pour le repas n'ayant pas le coeur d'interrompre le flot mélodieux des descriptions, anecdotes de sa bienfaitrice. Il demeurait silencieux, observateur et sans doute un peu rêveur comme l'indiquait le petit sourire dessiné par le contour de ses lèvres.
La découverte se poursuivit tant et si bien qu'il pût bientôt humer les effluves fruitées des oliviers déjà dénudés de leurs fruits, qu'il pût bientôt apercevoir quelques paysans s'activer sur les coteaux où les grappes du vignoble seraient bientôt cueillies. Bientôt se découvrit une chapelle, plus qu'une véritable église... Saint-Dionisy, un petit hameau, cernés de culture en tous genres. Il y en avait tant que le Seigneur comprit rapidement qu'on avait recours à des saisonniers pour les périodes de récolte, de moisson, de semis... Impossible en effet qu'un si petit hameau puisse abriter une main d'oeuvre suffisante. Pour sûr, beaucoup de choses étaient à accomplir, à améliorer ici. Tout était encore à faire comme avait prévenu Marguerite. Mais nulle crainte n'émaillait le sourire d'Actarius dans l'esprit duquel mûrissaient déjà quelques idées. Le repas serait l'occasion rêvée d'en faire part à Marguerite._________________  |
|  | | Marguerite Maîtresse de maison

Cantidad de envíos: 595 Fecha de inscripción: 09/09/2006
 | Tema: Re: Une première visite du Seigneur de Saint-Dionisy Mar 28 Oct 2008, 01:54 | |
| Le temps qu'ils arrivassent à Saint-Dionisy, le couchant les abreuvait, en ce début septembre, de ses rayons, et ces dizaines et dizaines de fourmis, de travailleurs saisonniers, qu'ils avaient vus au loin à l'œuvre dans les champs, commencèrent à rentrer leurs outils et prendre le chemin poussiéreux qui les ramenait chez eux. Dans la plaine vaunageole roussissaient les meules de paille, que l'on amassait après avoir battu le grain. Les vignes étaient vertes encore, et les mains s'affairaient dans les feuilles, et les dos ployaient sous les panières pleines, et les charrettes allaient, jusqu'au pressoir où le raisin trouverait sa fin. Après le Rhôny, la Fleur d'Oc avait dit encore quelques mots sur la Vaunage, sur Saint-Dionisy... Mais bien vite, le voyage était devenu une contemplation muette de la Création. Ah, le Très Haut n'avait pas manqué ce coin de paradis !
Le calme envahissait Marguerite, alors qu'elle peinait à trouver d'autres mots, pour décrire la terre sur laquelle ils arrivaient.
Catalina, en revanche, ne manqua pas de demander l'autorisation de bondir hors de la calèche, comme à son habitude ; car à l'approche de Saint-Dionisy, elle ne pouvait réfréner l'envie de bondir, de sautiller sur les cailloux de la route, une dernière fois, avant d'arriver, avant de s'attabler et rester, encore, assise.
Des enfants et des poules accoururent du petit bourg, et un chien, dont Marguerite craignit aussitôt qu'il ne fût dangereux, ou enragé... Mais son affection tout animale n'avait d'égal que le bonheur manifeste que Catalina avait à le caresser.
Marguerite les fit traverser le hameau, où ils ralentirent pour saluer les femmes qui cousaient sur le perron, aux dernières lueurs du jour, et ils arrivèrent à une bâtisse un peu à l'écart, peut-être pas la plus grosse, mais, c'était un fait, la plus déserte. A peine arrêtés, Marguerite donna une bourse à Adeline, et lui commanda d'aller prendre au village de quoi manger, ce soir-là, pour eux tous.-« Et bien... Voici pour l'heure le seul mas que le Seigneur ait pour lui à Saint-Dionisy, pour l'instant, Messer Actarius. Vous en aurez les clefs, bien sûr... Je gage que la poussière a dû faire son sort à la bâtisse, mais le temps que nous mangions, Paulet et Adeline auront enlevé le plus gros, et ils mangeront après.
Nous y allons ? » |
|  | | Actarius d'Euphor

Cantidad de envíos: 11 Fecha de inscripción: 27/08/2008
 | Tema: Re: Une première visite du Seigneur de Saint-Dionisy Mar 28 Oct 2008, 02:44 | |
| Ce sera parfait Marguerite, j'ai connu bien pire lors de mes missions pour l'Ost vous savez... Et pour être tout à fait franc, je crois que n'importe quel lieu me serait agréable en compagnie de ma bienfaitrice, surtout lorsqu'il est question de mieux la connaître, de mieux percer le mystère qui la voile parfois.L'audace de la franchise avait pris le dessus. En l'absence de Catalina, le jeune homme se laissait aller à la confidence et aux paroles du coeur. Sans doute maladroitement, sans doute de manière innapropriée... l'envie de se rapprocher d'elle en cette occasion était plus forte. Elle semblait si fragile, si seule, comme une icône en une contemplation figée qui aurait attendu son martyre. Il découvrait ce jour-là une nouvelle femme, femme qui l'avait déjà vue se dessiner lors de son mariage, loin de sa force, de sa persévérance dans le travail.Tant de dévouement à son comté, tant de dévotion, tant d'amour pour son fils et cette crainte, légère, lanscinante de s'accorder un peu de bonheur peut-être... La vision que c'était faite le jeune homme était sans doute éronnée, trop hâtive, prétentieuse, mais il ne mentait jamais avec ses ressentis. La perception de la solitude, qu'il avait en cet instant en observant sa suzeraine, guida ses phrases.Je vous connais peu Marguerite, mais... j'ai l'impression... je vois en vous comme une profonde nostalgie...Un léger soupire...Les mots ne viennent plus, ils m'abandonnent... je ne veux pas vous offenser ou me montrer trop familier et pourtant quelque chose me pousse vers vous, me pousse à vouloir vous comprendre, vous aider peut-être. Il y a ... je sens comme une zone d'ombre...Un petit sourire gêné...J'ai l'air ridicule n'est-ce pas ? On dirait un avorton qui se prend pour un philosophe, un ignorant qui se veut ami. Laissons cela... je suis stupide. Cela ne me regarde pas et puis aucun vassable n'a déjà dû se permettre telle familiarité avec sa suzeraine. Je vous présente mes excuses.Le jeune homme proposa son bras à Marguerite.Je serai sans doute meilleur appui ainsi qu'en brisant le silence agréable de ces lieux avec mes sottises. Saint-Dionisy est un petit hameau... Je pense toutefois que la venue d'un Seigneur poussera quelques gens à s'y établir... j'ai fait quelques recherches sur les bienfaits de l'olive, elle peut devenir un commerce extrêmement rentable et bénéfique pour le développement du fief. Les vignes permettront des soirées animées sur la place du village... Et les cultures de grain... quel cadeau merveilleux vous m'avez offert, il me tarde de vous faire honneur en le développant !Et son regard de se perdre. Il avait totalement varier le propos, tâchant de faire oublier son élan du coeur inconvenant qui formait déjà regret en son âme. Quel besoin avait-il eu de s'égarer ainsi, de s'adonner à ce qui serait appelé quelques siècles plus tard de la psychologie de bas étage ? Il avait été ridicule.... digne d'un jouvenceau épris d'amour alors qu'il ne voulait être qu'un ami. Chose rare, les joues d'Actarius rougirent._________________  |
|  | | Marguerite Maîtresse de maison

Cantidad de envíos: 595 Fecha de inscripción: 09/09/2006
 | Tema: Re: Une première visite du Seigneur de Saint-Dionisy Jue 30 Oct 2008, 05:42 | |
| La jeune femme n'avait rien dit. Elle avait baissé la tête, et lissé les faux plis de sa robe, pour mieux écouter, pour mieux comprendre, et ne point laisser lire sur son visage ce qu'elle en pensait. Mais qu'elle baissât ainsi la tête, c'était déjà une expression de son embarras, de sa gêne, enfin, des questions que cela pouvait éveiller en elle : on ne se pose pas de questions tête relevée. Se poser des questions, c'est une démarche d'humilité qui ne convient qu'aux yeux baissés.
Avait-elle conscience du mystère qui se faisait autour d'elle ? Certes non. Elle se contentait, tout bonnement, d'être, et de n'être point trop mal. De souffrir, en silence, et de louer le Très Haut pour sa vie, qu'Il lui avait choisie. Lorsqu'on évoquait parfois sa distance, elle s'en sortait avec un sourire, avec un mot plaisant, parce qu'elle ne cherchait pas à comprendre. La vie était si simple, en se laissant porter par ses convictions. Les siennes s'étaient fixées dans l'autorité parentale, dans la foi, dans le devoir ; mais c'est sans doute avec plus d'amertume qu'elle n'aurait voulu, qu'elle répondit, faisant bien fi des excuses et des diversions qu'on lui présentait :-« S'il avait fallu m'aider, c'eut été de briser le moule dans lequel la nature m'a jetée. Actarius, vous n'êtes pas né de sang royal. Vous n'avez pas été éduqué à ne pas gouverner votre vie. Il n'y a pas d'offense à s'enquérir du cœur d'une amie qui semble égarée, Sénher. Mais je ne suis pas égarée, je sais, oh... Je sais peut-être trop là où je vais. C'est peut-être juste ma résignation, que vous plaignez. »Elle expira profondément, et releva le visage, un visage décomposé pour un regard éploré.-« Vous épousez celle que vous aimez, et vous faites ce que vous souhaitez. Ce que vous plaignez, c'est... c'est une chose que vous ne vivrez pas, Actarius. »Alors sa douce main saisir le bras qu'on lui offrait, non sans retard.-« Souviens-toi que ton visage a été créé pour regarder vers le ciel... Voilà l'enseignement pieux de ma mère, qui résume ma foi, et le Soleil divin est la seule lumière sur mon visage. Qu'elle aie la fierté de la fortune de notre maison, et que... et que jamais elle ne doute que ceux de notre sang naissent non pour les plaisirs, mais pour... pour les devoirs. Voilà l'enseignement de mon père, qui résume ma vie. J'ai pleuré ma sœur, j'ai pleuré ma mère, que j'ai vue, de mes yeux d'enfant, bouffie et bleuie d'eau de mer. J'ai pleuré mes sept cousins, brûlés dans l'incendie de leur Hostel à Limoges. J'ai pleuré Apolon de Liercourt, qui m'était un ami, trop vite pris par la guerre. J'ai pleuré ma belle-mère, et j'en ai pleuré tant d'autres encore ! Mon père maintenant est manchot, mon frère est roi, pour le meilleur, et le pire surtout. L'Aragòn, mon sang, et ces devoirs, nous arrachent à nos plaisirs, nous arrachent même la joie simple de se voir, en famille...
Nous sommes chacun en exil dans nos propres obligations. Alors au moins les remplir avec abnégation, et prier ! Car sans le Très Haut, aurions-nous la force de passer au travers de ce qui nous déplaît ? Je me suis retirée de mes obligations à la Chancellerie, parce que je n'en pouvais plus ; je serais morte de donner autant... Et pourtant, je ne souhaite rien recevoir, et certainement pas de l'apitoiement. Je voudrais maintenant simplement vivre en Vaunage, louer le Très Haut, et recréer un coin de bonheur, avec certains de ceux qui me sont chers. C'est pourquoi je me réjouis de vous voir un jour amener votre famille ici, et que Mélisende rie avec Catalina sous les oliviers... Je ne souhaite rien de plus, je crois. C'est égoïste, sans doute... » |
|  | | Actarius d'Euphor

Cantidad de envíos: 11 Fecha de inscripción: 27/08/2008
 | Tema: Re: Une première visite du Seigneur de Saint-Dionisy Dom 02 Nov 2008, 19:31 | |
| Le Seigneur avait écouté religieusement les paroles de sa Suzeraine. Il les avait certes dégustées avec une certaine amertume, mais sans que cela ne vînt remettre en doute le plaisir qu'il éprouvait d'être en compagnie de Marguerite. Lorsqu'elle releva son visage, son regard, il lui trouva même une improbable beauté, de celles qui se dévoilaient dans les confins même de la solitude. Il fut attendri tout autant quil avait été embarrassé d'avoir osé dévoiler ses pensées. Il fut attiré par ce désespoir, cette résignation qu'il lui semblait transparaître des propos tenus par la Vicomtesse.Quand bien même vous fûtes égoïste un instant, ce ne serait que justice après avoir tant pensé aux autres... Je n'ai aucune pitié pour vous, Marguerite, simplement du respect, de l'admiration même. Votre vie, votre manière de la traverser envers et contre tout guidée par le devoir et la vertu est rare, trop rare malheureusement. Vous avez raison, je ne peux vous comprendre, je ne connaîtrais peut-être jamais les malheurs que vous avez endurés, je ne pourrais même les souffrir à votre place. Et c'est bien un grand malheur pour moi qui vous dois tant. La seule chose que je puisse faire... est je crois de vous prêter mon bras et mon oreille si vous en voyez l'utilité. Je vous l'ai déjà affirmé et le réaffirme encore, vous avez toute mon amitié et cela n'a jamais été un vain mot pour moi.Un léger soupire alors que ses yeux s'égarèrent un instant sur le ciel qui déjà se voilait de l'ombre d'une fin d'après-midi.Je suis comme vous pouvez le constater souvent maladroit, mais s'il est bien une chose qu'on ne peut me reprocher, c'est de ne pas être fidèle à ma parole. Le jour arrivera bientôt où ma famille viendra découvrir la Vaunage...Il s'interrompit soudainement en apercevant, du moins lui semblait-il, Catalina.Mais voilà votre soeur qui revient déjà..._________________  |
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